J'ai
vécu dix-huit mois qui m'auront marqué à jamais. J'ai été comme en apesanteur. Porté
par la volonté de faire de notre présidence une réussite. Il y avait, sans
doute, un peu d'ambition personnelle, beaucoup le souci de la place de la France
en Europe, mais surtout l'envie forte de prouver que l'Europe pouvait être
synonyme non d'immobilisme, mais de dynamisme.
Le
Conseil européen des 11 et 12 décembre que je viens de vivre a été pour moi un cadeau. L'Union européenne a montré
aux Européens d'abord, au monde ensuite, qu'elle pouvait, à l'unanimité de ses
vingt-sept Etats membres, s'entendre sur les sujets les plus ardus et les plus
ambitieux qui soient.
Il y
avait véritablement hier et avant-hier à Bruxelles des hommes et des femmes de
bonne volonté, qui ont su dépasser les égoïsmes nationaux parce que le sens de
l'intérêt général, le sens de leurs responsabilités envers les prochaines
générations, les a aiguillonnés. C'était plus que satisfaisant. C'était historique.
Le
mot "dialogue" résume à mon sens cette présidence. Dialogue avec les autres Etats membres, le
Conseil, la Commission et le Parlement européen bien sûr, mais aussi dialogue
avec les citoyens. Ce dialogue continuera bien sûr puisque le ressort des
élections européennes qui se préparent, c'est le dialogue avec les électeurs. Dialogue
avec vous aussi, amis connus et inconnus de la blogosphère. Dialogue
parfois rugueux mais nécessaire pour échanger nos idées et "remettre les idées en place."
Hier, une dépêche de l'AFP est tombée à la mi-journée. Elle
disait que les mots qui rassuraient le plus les Français étaient "Obama",
"Livret A" et "Europe". Qui aurait cru, trois ans après le
non au Traité constitutionnel, que l'Europe se retrouverait dans le tiercé des
mots qui rassurent. Qui aurait pu penser que pendant cette présidence, nous
réussirions aussi à combler un peu le fossé entre les Français et l'Europe. C'est
le deuxième cadeau que j'ai reçu aujourd'hui.
Le
troisième cadeau qui m'a été fait, ce sont les témoignages d'amitié de toutes
parts. Au Parlement européen d'abord, au parlement national ensuite au Conseil des Ministres. Avant-hier
encore, lors d'un dîner où j'avais réuni en marge du conseil mes collègues
européens. Ceux aux côtés desquels j'ai traversé cette présidence. Je les ai
quittés avec un sentiment de perte terrible, car même si je ne m'éloigne pas
totalement de l'Europe, j'aurais goûté avec ces amis au meilleur de l'Europe. Lorsque
Dick Roche, secrétaire d'Etat Irlandais, m'a remercié au nom du peuple
Irlandais, oui, je l'avoue, j'avais les larmes aux yeux.
Voilà,
j'ai reçu trois cadeaux et c'est déjà un grand bonheur. Mais maintenant, il
faut partir. Mon CDD s'achève. C'est sans doute plus difficile de quitter un
gouvernement que d'y rentrer !
Il
faut aussi vous quitter car je ne peux pas depuis la présidence d'une Autorité
Administrative indépendante continuer à vous faire part de mes sentiments au
fil des jours.
Ce
post est donc mon dernier message sur ce
blog. Pour l'heure, car si je vous dis
au revoir, je ne vous dis pas Adieu et encore moins Adieu à l'Europe.
12 commentaires REAGIR
On vous regrettera ! Merci pour votre travail.
Je regrette tout de même que votre nomination à la tête d'une AAI ne suive pas les règles que le Pdt avait promis pendant la campagne. Je ne doute pas de votre intégrité et de vos capacités, mais j'aurais préféré que votre nomination ne soit pas le fait du prince mais le fruit d'une transparente évaluation entre plusieurs candidats, avec évaluation de leurs motivations et programmes respectifs.
Pour tout dire, je préfèrerais que le Pdt se focalise sur ce genre de réforme plutôt que de s'entêter sur cette histoire de dimanche travaillé, qui l'éloigne de l'opinion.
Meilleurs voeux de réussite !
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eh bien profitons-en pour vous remercier malgré tout
vous remercier surtout car on a souvent eu le sentiment que vous mainteniez la cohésion de l'Europe non pas avec sarkozy, mais malgré sarkozy.
L'état des relations avec l'Allemagne en particulier est probablement regrettable, mais bien meilleur qu'il ne l'aurait été si vous n'aviez été en poste.
La propension à imposer ses options et procéder par faits accomplis donne l'illusion d'obtenir des résultats mais prépare la défiance et le recul de l'Europe:
Walking the tight Europe
http://sauce.over-blog.org/article-...
Merci pour ton travail pour l'Europe.
A bientôt dans le combat pour l'Europe car nous aurons besoin de toi .
Bon courage
Félicitations et Bravo Monsieur
Au revoir.
Merci à vous, qui avez bien mérité de l'Europe, comme disaient nos auteurs classiques, et bon vent à la tête de l'Autorité que vous dirigerez bientôt ! Nous savons que vous travaillerez encore, là où vous oeuvrerez désormais, au bien commun européen, à commencer par la bonne tenue des prochaines élections européennes, auxquelles il nous faut sans tarder penser tous et chacun, pour ensemble poursuivre l'aventure de la paix, comme disait G. Bernanos, au-delà des prétendus protections ou boucliers. Et puissent les fêtes toutes proches ainsi que l'Année nouvelle vous apporter d'autres cadeaux substantiels !
Cher Monsieur Jouyet.
Votre fonction de secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes s'achèvera donc avec la fin de la Présidence française de l'Europe.
En temps que simple citoyen, intéressé par la construction de l'Europe, je tiens à vous remercier pour l'important travail fourni ces derniers mois. La tâche n'était sans doute pas facile.
Je vous souhaite, dans l'actuel contexte économique plus que perturbé, un succès identique dans votre nouvelle fonction de Président de l'Autorité des Marchés Financiers.
Sam
A quelques détails près, vous avez fait du très bon boulot, et surtout, vous avez limité la casse. Bravo pour votre action. Votre dépêche AFP m'intéresse au plus haut point.
Vous auriez un lien ?
Cher M. Jouyet, je dois dire que moi et mes amis, français ou non, de droite comme de gauche, à Bruxelles, sommes unanimes, vous avez joué un rôle extrêmement positif dans l'évolution du projet européen ces derniers mois. Nous vous en sommes reconnaissants.
Car vous avez su être diplomate, mais également un pro-européen affirmé, et même un communicant talentueux, comme en témoignent ce blog ou le projet "Paroles d'Européens" (pour lequel j'ai d'ailleurs été témoin, à Nantes, fabuleuse expérience). Bref, je suis heureuse que vous écriviez que c'est seulement un au revoir, car vous allez manquer à la France ici, mais surtout à l'UE.
Dernière chose, et peut-être la plus importante: vous avez montré qu'il est possible de s'impliquer dans le sens de l'intérêt général -et avec de beaux résultats- tout en restant intègre et au-dessus de la mêlée immature des egos politiciens.
Pour cela, comme pour le reste, je vous remercie et vous souhaite bon vent, ici ou là (cela ferait un joli titre de livre, n'est-ce pas?)... Juliette
Bravo M. Jouyet. Espérons que votre successeur sera à la hauteur. Il s'est passé beaucoup de choses en France pendant cette présidence avec de nombreux débats. Il faut que ça continue, les élections européennes de juin, c'est demain!
Merci encore.
Bravo également pour votre discrétion, votre finesse, enfin toutes ces qualités qui me semblent chez vous transparaitre... au premier plan de vos talents et compétences.
Je ne doute pas du plaisir que vous avez eu à mener cette difficile mission européenne, ni de celui de revenir vous ressourcer ici au sein de notre terroir héxagonal.
Merci pour votre élégant Adieu en forme d'Au Revoir.
Aimant comme vous l'Europe... je comprends peut-être un peu.
Meilleurs voeux de réussite pour l'année 2009 qui se profile déjà à l'horizon.
A Paris, JIEFF.
Cher MONSIEUR,
De grâce, la France et l'UE ont besoin de votre talent et de votre humanisme : ce blog doit être pérennisé et servir de trait d'union aux Européens convaincus et surtout à l'Eurogénération. Vos nouvelles fonctions peuvent lui imprimer de nouvelles orientations. Qu'à cela ne tienne, nous lecteurs et acteurs de l'invisible emboîterons le pas ... Merci encore et peut-être à bientôt sur d'autres eurosphères.