Vues d'Europe | Le blog de Jean-Pierre Jouyet

Investir pour une nouvelle génération européenne

12.11.08 16:49| 6 commentaires | Fil des réactions à ce billet

A Nancy, lors de la conférence sur la mobilité des étudiants européens, une question est revenue à plusieurs reprises : « L'Union européenne peut-elle en période de crise économique et financière maintenir voire renforcer ses dépenses en matières d'éducation, de mobilité ou de recherche ? ». Ma réponse est oui. Ce n'est pas parce qu'une période de vaches maigres se profile qu'il faut différer des dépenses qui constituent un investissement clé pour adapter et préparer les jeunes générations à un monde du travail qui valorise l'innovation et l'adaptabilité. A cet égard la mobilité des jeunes, qu'elle s'adresse aux apprentis, aux étudiants ou aux volontaires, constitue un bien commun. Et chaque année perdue se paiera au final.

A titre d'exemple, sur les 27000 bourses Erasmus qui sont proposées chaque année en France, seules 23000 trouvent preneurs. Si nous avions travaillé davantage en réseau en veillant à un travail coopératif associant administrations centrales, institutions communautaires, associations étudiantes, responsables des programmes de mobilité dans les universités, formateurs socio-éducatifs, médias, nous nous serions rendus compte que le désir de mobilité n'allait pas de soi et qu'il fallait du coup mettre en place de vraies politiques de promotion au plus près du terrain.

Nous devons aussi améliorer l’information des jeunes et des enseignants, donner aussi le goût de la mobilité. Il serait erroné de penser qu’il est spontané chez nos enfants.

Catégorie : L'EUROPE A LAQUELLE JE CROIS | Mots clés : bourses Erasmus mobilité des jeunes

6 commentaires REAGIR

1 Martina Latina13.11.08 06:10

Comme je l'ai déjà souligné sur ce site, le processus de Bologne semble capable d'entraîner une heureuse dynamique en matière de mobilité chez les étudiants européens, quelle que soit leur filière ou leur orientation, par l'harmonisation des crédits d'enseignement européens appelés ECTS : il faut donc plus que jamais financer les moyens de susciter "une nouvelle génération européenne" sans oublier de présenter à tous les niveaux de l'enseignement, des médias et de l'administration la chance que constitue l'échelle européenne pour l'activité comme pour la formation de notre jeunesse. Tant il est vrai qu'il n'y a pas de "vaches maigres" qui tiennent face à l'élan modeste et continu d'une certaine princesse EUROPEenne avant la lettre traversant l'espace et l'obscurité sur le dos d'un éblouissant taureau !

2 Geneviève Lecamp13.11.08 13:39

Oh que oui, il faut investir dans une nouvelle génération d'européens!
Mais l'université française que j'appréhende au travers de vacations sur les questions européennes n'est pas au RV pour le dire avec des mots doux. La coordination pédagogique n'existe pas et ne peut donc pas impulser une transversalité des enseignements, nécessaire à la compréhension de la construction européenne ainsi qu'à la formation d'un esprit entrepreneurial au sens large du terme.
Le chantier universitaire à mener d'urgence avec votre collègue se doit de s'appuyer sur un diagnostic fin et une évaluation des formations proposées, au regard des connaissances et des compétences clefs (y compris linguistiques) attendues au terme de cursus, notamment de Masters. Toutes les disciplines sont concernées!
Enfin, pour aller à l'essentiel dans les meilleurs délais et sans souffrance budgétaire excessive, il convient de mobiliser des professionnels, payés aujourd'hui 60 euros brut de l'heure pour un cours magistral, de façon massive et digne quant à leur implication jusqu'ici confinée à un quasi bénévolat et de plus sans beaucoup de marge de manoeuvre ... Amener les universités à travailler aussi avec les acteurs de terrain et leurs pairs en Europe dans le cadre des fonds structurels, et pas seulement par le biais des programmes d'éducation et de formation tout au long de la vie.

3 Mael17.11.08 13:08

il n'est pas forcément évident pour un jeune étudiant d'aller passer un an en Finlande ou au Danemark, la barrière linguistique absorbe beaucoup d'energie et l'apport en "connaissance " pur y est assez limité.
Mon école avait accueillit d'autre européens aussi, l'apport était assez limité pour eux car ils avait beaucoup de mal a suivre les cours. Déjà pour nous , avec des cours en langue maternelle c'est pas toujours évident...

Au fait, pourquoi ne pas faire des bourses francophones ??
On parle de solidarité Nord/Sud, l'Union Méditerranéenne, mais l'actuel gouvernement à delaisser un axe majeur; la Francophonie !!

4 allubri17.11.08 20:49

A Mael: commencez donc par faire une année en Angleterre, en Allemagne ou en Espagne, trois pays dont vous pouvez apprendre la langue en France avant de vous y rendre. Votre frilosité n'augure rien de bien pour l'Europe. Les étudiants qui ont "osé" partir avec Erasmus, reviennent ravis.
J'ajoute qu'il y a autre chose que "connaissance pure". Bon voyage!

5 notsag19.11.08 16:02

Bien sûr on peut apprendre aussi le chinois en France avant d'y aller mais risquez de perdre beaucoup de temps à apprendre leur ideogrammes. Vous pouvez egalement employer un "racourci" c'est à dire apprendre en 10 fois moins de temps la Langue Internationale Auxilaire Epéranto. La Chine vous le propose :
http://cri.cn

6 Jean-Pierre Jouyet21.11.08 11:54

Cher tous,
Pour répondre à vos interrogations sur l’avancée des projets sur la mobilité des jeunes, je peux vous dire que c’est un dossier les plus importants à mes yeux pour lequel je me bats depuis plusieurs mois, avec le Commissaire Figel et la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse. Une étape supplémentaire vient d’être franchie aujourd’hui avec l’accord au Conseil Education Culture sur la mobilité des jeunes qui devient une priorité politique pour l’Union européenne. C’est un beau jour pour les jeunes européens. C’est en renouant avec la tradition médiévale de « formation » chez le voisin que se forgera la citoyenneté européenne.




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