L’annonce par la Commission de l’entrée en récession de l’Union européenne vient matérialiser les craintes répétées d’une année 2009 extrêmement difficile sur le plan économique. L’économie européenne n’a pas été en mesure de résister beaucoup mieux que l’économie américaine (-0,5% en 2009 selon la Commission) au retournement du cycle économique et à la crise financière. Il s’agit d’un changement de contexte considérable après deux très bonnes années pour l’économie européenne et les perspectives de reprise d’ici 2010 restent très incertaines.
Dans ce contexte, la Commission, fortement incitée par le Président de la République, président du Conseil européen, a tenté de définir une stratégie commune en réponse à la crise économique comparable à la mobilisation contre la crise financière. Ces propositions de la Commission, sur les PME, la flexicurité ou les investissements verts apparaissent très timides et ne portent pas sur les outils les plus efficaces à mobiliser en période de récession : les taux, les investissements publics, la politique salariale et le dialogue social. Le risque est grand que l’UE ne sache pas revoir son discours et sa stratégie économique dans un contexte de croissance faible (chômage keynésien) qui appelle de nouvelles initiatives permettant de compléter les réformes structurelles de type Agenda de Lisbonne.

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Une grande partie des fonds allouées aux banques par nos dirigeants est en fait des crédits européens qui étaient programmés pour les PME notamment jusqu'a 2013 (BEI). Evidemment les chefs de gouvernements n'en parle pas et l'effet d'annonce est fort puisqu'on annonce en une seule fois des crédits normalement étalés sur 5 ans !
Cher Jean-Pierre,
L'Allemagne est en partie responsable de cette absence de coordination des politiques économiques (http://bruxelles.blogs.liberation.f...). Mais elle a quelques raisons de se méfier de la France.
Cela étant, votre papier m'amène à vous poser une question. Vous soulignez subtilement que la Commission n'a que peu d'idées neuves pour contrer la crise économique (on peut comparer avec le livre blanc de 1993 qui, s'il avait été appliqué, aurait sans doute changé la face de l'Europe: Delors a eu raison trop tôt). On pourrait aussi évoquer son refus de règlementer les marchés financiers depuis le début de son mandat en dépit de tous les signaux qui viraient au rouge. Alors, dites moi, pourquoi Nicolas Sarkozy et la plupart des autres chefs de gouvernement soutiennent-ils la reconduction de José Manuel Durao Barroso dont le bilan est pour le moins contestable? Un Barroso qui prend aujourd'hui un terrible coup de vieux, lui qui a soutenu George Bush dans son aventurisme irakien, soit dit en passant ;-)
Je partage votre analyse et vos doutes sur la portée de la "réponse" européenne via la Commission. L'alternative que vous induisez, et c'est j'imagine le but de cet article en forme de suggestion, est simple :
Ou bien l'Europe parvient à se doter d'un gouvernement économique via une forme "d'institutionnalisation" de l'Eurogroupe réunit au niveau des chefs d'Etat. C'est la solution suggérée par Nicolas Sarkozy, et Jean Quatremer, en précieux détricoteur de l'écheveau européen, nous rappelle les réticences de l'Allemagne à cet égard. Mais encore faudrait-il revenir et réfléchir sur le caractère institutionnel à donner à ce groupe et découvrir peut-être une fenêtre de négociation possible (à moins que ce ne soit qu'une lucarne, mais je ne suis pas dans le secret des dieux...).
Ou bien c'est à la Commission de s'inventer, se découvrir ou, plus simplement, se rappeler, le rôle majeur d'aiguillon qu'elle peut jouer. Et se pose alors légitimement la question de Jean Quatremer, question qui démange un peu.
En fait, il existe une troisième solution, celle de combiner les deux solutions précédentes. Je ne vois pas grand chose d'autre...
L’enjeux du Nouveau Breton woods est sur la table!
L'économiste Jean-Luc Gréau dans un interview donner au Nouvel Obs du 30 octobre, dénonce le Faux Nouveau Bretton Woods de la City.
« N. O. - Que peut-on attendre d'un nouveau Bretton Woods ? Quels rôles peuvent jouer les pays émergents ?
J.-L. Gréau. - De deux choses l'une. Ou bien le nouveau Bretton Woods s'inscrit dans la lignée du précédent, qui tendait à stabiliser le monde du point de vue économique, monétaire et financier pour favoriser la prospérité, l'emploi et le progrès matériel, intellectuel et moral des populations. Ou bien il procède d'une tentative de soumettre, plus encore que ce n'était le cas au moment où la crise a surgi, les entreprises et les populations aux exigences maintenues des opérateurs financiers préalablement sauvés par les Etats. Les pays émergents ont un rôle à jouer dans la mesure où ils favoriseront la naissance de ce monde multipolaire, plus équilibré et plus stable, dont nous avons besoin. »
Face à la situation historique et révolutionnaire que nous sommes entrain de vivre, il ne faut pas céder à la tentation de certains agitateurs qui pensent que du chaos naitra une plus belle société. Du Chaos sortira qu’une autre loi de la jungle ou le plus faible sera toujours le perdant.
Nous devons aussi dire non au faux nouveau bretton woods proposé par Gordon Brouwn et ses amis, qui essayent d’imposer brutalement un contrôle totale sur l’économie par la haute finance international de la City et Wall street.
Nous devons au contraire nous mobiliser autour de la mise en faillite du système actuel.
Pour aiguiser vos convictions politiques et économique afin de rentrer dans la bataille, je vous propose la lecture du dernier tract de solidarité et Progrès, L’indispensable rupture avec l’empire financier, par Jacques Cheminade : http://solidariteetprogres.org/IMG/...
« L’avantage des crises est qu’elles changent les règles du jeu. Il dépend de nous que ce ne soit pas pour le pire, mais pour le meilleur. »
La France doit peser sur le G20, et nous, citoyens, devons tout faire pour influencer nos élites.
La révolution passera par une réforme profonde du système monétaire et financier international, et non par de vaines révoltes violentes.
David C.
david.cabas.over-blog.fr
leretourdusillon@gmail.com
La philosophie morale élémentaire consiste à ne pas confondre les fins et les moyens : puisque l'étymologie la plus limpide permet de définir l'ECONOMIE comme l'ART d'HABITER ensemble, rappelons-nous que L'EUROPE se résume par une devise... au-delà même de l'euro : VOIR AVEC AUTANT D'ACUITE QUE DE GENEROSITE. Seul ce but mérite d'être recherché par tous les membres d'une UNION ; seule cette FIN est le commencement et l'acte de naissance des MOYENS adéquats pour qu'une SOCIETE, pour qu'une CIVILISATION, progressent, non dans le bien-être, mais dans le bien VIVRE ENSEMBLE. Nous avons donc bien du pain sur la planche EUROPEENNE avant de pouvoir le partager...
va t on faire rentrer la Turquie dans notre dos ?
La Commission a adopté hier son document de stratégie annuelle concernant la politique d'élargissement de l'UE. Bruxelles y souligne le rôle que joue cette politique pour les intérêts stratégiques de l'Union en matière de stabilité, de sécurité et de prévention des conflits.
La crise économique et le récent conflit russo géorgien ont montré, selon la Commission européenne, l'intérêt pour l'Union européenne d'intégrer des nouveaux Etats-membres notamment les sept pays des Balkans et la Turquie qui sont une destination majeure pour les exportations des Ving-sept.
En présentant le rapport de la Commission, le commissaire chargé de l'élargissement, M. Olli Rehn, s'est montré parfois à contre-courant des positions de plusieurs pays de l'Union européenne. "L'élargissement n'est pas le problème, mais une partie essentielle de la solution pour la revitalisation économique de l'Europe" a plaidé le commissaire qui souligne aussi "Le rôle important que joue la Turquie pour notre stabilité, nos besoins énergétiques ainsi que notre influence dans la régions."
La Commission dresse toutefois un bilan mitigé des progrès réalisés par ces pays. La Croatie devrait terminer ses négociations d'adhésion d'ici à fin 2009. La Serbie et le Monténégro pourraient obtenir, l'an prochain, le statut officiel de candidats. Bruxelles rappelle toutefois les efforts encore à accomplir notamment dans la lutte contre la corruption.
Cher Jean,
Je réponds à votre question d'hier. Oui, la Commission Delors a sans doute eu raison trop tôt et aurait certainement été plus réactive mais il n'est pas trop tard pour enrichir les propositions formulées par la Commission Barroso.
Vous évoquez la reconduction du Président, mais là "n'est pas le problème. L'arbre ne doit pas cacher la forêt. Il conviendrait plutôt que la Commission retrouve sa capacité d'entraînement et de propositions, qu'elle sorte des sentiers battus, qu'elle soit moins soucieuse des intérêts nationaux de chacun des Etats membres et plus audacieuse au nom de l'intérêt européen. C'est son rôle. C'est pour cette raison qu'une Commission réduite, qui ne serait pas un nouveau Conseil représentatif des Etats membres, aurait du sens. Il faut souhaiter
que les élections européennes et la constitution de la future Commission seront l'occasion de procéder à cette redynamisation.
Enfin, je suis d'accord avec vous. Le passage suivant aurait pu être écrit par Nicolas Sarkozy :
"Afin d'obtenir le maximum de résultats, nous devons agir tous ensemble. Actuellement, chaque Etat membre développe son propre plan national de relance économique mais ce qui leur manque, c'est une dimension européenne. Je sais que les gouvernements ne s'accordent pas sur la question d'une action commune. Mais je vous exhorte, en tant que Président de l'Union européenne, de lancer un appel dès demain à tous les chefs d'Etat et de gouvernement, dès demain, en expliquant clairement qu'il est essentiel de lancer une action simultanée à travers l'Europe. C'est du gagnant-gagnant. Le simple fait de coordonner dans le temps vos investissements dans les différentes économies nationales renforcera l'impact positif et évitera une profonde récession caractérisée par des pertes massives d'emplois. Je sais que certains Etats membres craignent qu'une coordination prenne la forme de transferts budgétaires vers leurs voisins. Mais ne n'est pas le cas. [...] Il s'agit ici de la crédibilité de l'Europe : les citoyens ne comprendraient pas que les chefs d'Etat et de gouvernement se coordonnent quand il s'agit de dépenser des milliards pour sauver des banques et en soient incapables lorsqu'il s'agit de sauver les citoyens du chômage massif et de la récession."
Mes remarques portent davantage sur une gestion proactive de la crise dans le cadre du nouveau paradigme que constitue le développement durable. Au-delà d'une nécessaire position européenne sur les régulations financières, n'est-il pas aussi temps d'impliquer les énérgies créatrices pour refonder nos économies et inciter nos sociétés à faire montre d'innovation? L'action de la BEI ne peut-elle pas être amplifiée, aménagée pour répondre pas seulement au microcrédit mais aux besoins patents des PME (supérieurs aux engagements déjà pris) , voire à la recherche publique et privée (inférieure à celles des EU et du Japon), voire encore à l'entrepreneuriat social et à un Grenelle européen?Quels "paquets ambitieux" peuvent être ficelés pour promouvoir de nouveaux emplois de qualité en ligne avec le DD? Quels signes convient-il d'adresser aux citoyens pour qu'ils portent l'Europe avec ses chefs d'Etat et de gouvernement? Il me semble que le nouveau site web de la nouvelle administration Obama-Biden a intégré cette dimension d'appui populaire à des réformes, indispensable à un changement de braquet pour une meilleure gouvernance et une adaptation plus rapide aux changements.
Cher Jean-Pierre,
Merci pour votre réponse qui rejoint totalement mon analyse de la présente commission (à la fin de votre commentaire, je pense que vous avez fait un lapsus: vous vouliez dire Jacques Delors, j'imagine? ;-)). Cela étant, je persiste: les hommes sont importants. J'ai longtemps pensé que la fonction faisait l'homme: après Bush, Barroso ou Berlusconi, je ne le crois absolument plus. Imaginons un instant un Pascal Lamy à la place du désastreux Charlie McCreevy... Aurions nous assisté au surplace auquel nous assistons depuis quatre ans en matière de réglementation des marchés financiers?
Cher Jean-Pierre Jouyet
A Poznan, l’Union européenne entend parler d’une seule voix sur le réchauffement climatique, avec l’autorité que lui confèrera l’adoption d’un “paquet” législatif exigeant.
Au G20 de Washington, elle n’aura pas moins de 7 voix différentes, censées s’orchestrer autour d’une vague position commune, qui ne repose sur aucune réglementation européenne en vigueur ni même en discussion! Et sans même pouvoir attester de la moindre initiative de la Commission dans ce domaine!
Un an de bavardages - et non, pas 2 mois- depuis la déclaration conjointe de Gordon Brown, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sur les marché financiers; un an de “feuilles de route” en formation Lamfalussy pour en arriver là!
Triste bilan.
M. le Ministre,
Je rejoins pleinement votre analyse quant à la nécessité d'une Commission plus restreinte (15 Commissaires serait un bon chiffre) pour casser le cordon ombilical entre les Commissaires et "leurs" gouvernements nationaux (sans qu'ils doivent pour autant renier leurs origines). Mais je pense qu'il y a bien un problème lié à la personnalité de l'actuel Président de la Commission, qui est un grand Cunctator, trop soucieux de plaire aux gouvernements et notamment à ceux qui lui semblent décisifs pour obtenir sa réconduction. Je pense par ailleurs qu'il est malsain qu'il n'y ait aucune candidature qui se profile pour défier celle de l'actuel candidat. En démocratie, il faut un choix, non? Même avec les traités actuels, la campagne des européennes pourrait se fixer l'élection du Président de la Commission comme un de ses principaux enjeux.
Et on peut rêver à une future Constitution qui verrait des 'primaries" dans tous les Etats membres pour nommer les candidats suivie d'une campagne présidentielle comme aux Etats-Unis (mais moins coûteuse puisque nous sommes plus raisonnables....).
Monsieur Jouyet,
Il y aura une union économique en Europe le jour où il y aura une véritable union politique, mais pas un seul jour avant. L'expérience de l'union américaine (Etats-Unis), la seule qui, par son envergure, est vraiment comparable à l'ambition européenne, démontre le role essentiel du pouvoir fédéral dans ce domaine.
C'est ce pouvoir qui a permis la création des grandes infrastructures. C'est son budget au sens large (taxes et dépenses fédérales, ainsi que la sécurité sociale) qui assure une politique fiscale cohérente, une fiscalité qui ne fausse pas la concurrence au sein de l'Union, ainsi que les transferts entre régions qui facilitent les mouvements des personnes et des capitaux et qui évitent des disparités significatives de conditions économiques et sociales.
C'est surtout le pouvoir fédéral sur le commerce (la "clause de commerce" de l'article 1 de la Constitution) qui assure au gouvernement fédéral le monopole du pouvoir réglementaire sur les aspects névralgiques de l'économie ainsi que son pouvoir d'écarter toute velléité des états d'imposer des obstacles à l'union économique.
Cet ensemble de pouvoirs et compétences au niveau fédéral a joué et joue encore un rôle clé et irremplaçable pour le maintien de l'union économique américaine.
L'Europe s'est engagée sur le chemin vers l'union économique sans se munir de l'équipement nécessaire pour arriver à sa destination. Pour réussir ce voyage, il lui faut un pouvoir fédéral européen dont la légitimité dépend directement et exclusivement des citoyens de l'Europe, qui a les pouvoirs économiques (y compris fiscaux) pour promouvoir cette union et qui dispose de l'autorité pour écarter tout obstacle qu'un état serait tenté d'imposer au fonctionnement de cette union.