L'important en Europe, aujourd'hui, c'est d'avancer et d'innover. Nous avons des solidarités particulières dans la zone euro mais si pour avancer dans le soutien à l'économie, il nous faut élargir les partenariats, nous le ferons. Ceci signifie en clair que ceux qui estiment qu'on serait trop présomptueux en voulant un euro politique impulsant de nouvelles coordinations économiques ne doivent pas s'étonner qu'on développe un partenariat étroit et fructueux avec nos amis britanniques.
Ils souhaitent plus de coordination dans le soutien à l'activité économique, aux niveaux européen et international. Travaillons avec eux. Sachons profiter d'un Royaume Uni plus tourné vers l'Europe. Ceci n'est nullement contradictoire avec le renforcement de la zone euro. Nous devons ne nous enfermer dans aucune liturgie ni nous attacher à une seule chapelle.
L'art de la présidence, c'est aussi l'art du mouvement. L'important est de rester coordonnés pour répondre à une situation de crise profonde et très générale.

5 commentaires REAGIR
En effet, ni "liturgie", ni "chapelle", s'il vous plaît; car seule importe l'union sacrée pour une vitalité généreuse des continents, à commencer par le nôtre, c'est-à-dire plus précisément pour le "mouvement" concerté qu'évoque le billet ci-dessus.
Un tel élan ne peut que puiser ses forces dans le bien commun légué PAR EUROPE et servir le "vivre ensemble EN EUROPE", mais aussi bien au-delà : poursuivons donc les fructueux dialogues transfrontaliers qui nourrissent l'âme européenne; mais multiplions dans le même temps des initiatives aussi urgentes que courageuses pour réduire les f(r)actures sociales et les inégalités matérielles qui couvrent de honte ou de désespoir la figure humaine.
l'Europe va pas tarder à nous imposer les OGM malgré un consensus national sur l'embargo contre les OGM
ça fait bizarre d'être dans un pays qui n'est même pas libre de décider si il peut autoriser les OGM ou non.
On est un vieux pays, majeur, l'Europe nous traite comme un gosse capricieux.
Ca suffit, vive la liberté et la démocratie !
Monsieur le Secrétaire d’Etat,
Avancer et innover. C'est effectivement une condition sine qua non de la pérennité de la réussite européenne. Tout dogmatisme politique freinant cet "art du mouvement" est contraire au véritable esprit européen et ne peut mener qu'à un étouffement progressif. Renforcer les acquis est indispensable mais pas au prix de la paralysie.
Il ne peut y avoir d'avenir sans innovation. Le passage de l’ère industrielle à une économie de service dans un monde de savoir impose cette évidence. Or, les pays Européens, par manque de recul ou par incapacité à dominer un caléidoscope d'intérêts ponctuels et de perceptions contradictoires, freinent trop souvent leur évolution commune. La mise en place d'un brevet communautaire par exemple serait un atout considérable. Cependant bien que souhaité par la majorité des acteurs, celui-ci reste conceptuel et cela fort probablement à cause de l'absence d'un acteur central volontaire à même de faire avancer la démarche. Je crois que la France pourrait et devrait jouer ce rôle.
Ceci m'amène à aborder le sujet de la place de la France en Europe. Le travail extraordinaire effectué par le Président Sarkozy durant ces quelques mois de présidence européenne est sans aucun doute la meilleure preuve de l'importance du rôle de notre pays. La crise géorgienne, la crise financière; pour les aborder efficacement les qualités personnelles du Président de la République étaient primordiales mais à elles seules elles ne pouvaient suffire. Il fallait également le poids politique naturel d'un grand état pouvant stimuler, représenter et supporter la volonté d'action commune. Qui plus est, au delà de sa taille et de sa représentativité diplomatique et politique, chaque pays possède un modèle culturel ayant ses convictions propres, ses forces et ses faiblesses. Quelle aurait été la politique commune de l’Europe face à ces crises si un petit pays de l'ex-union soviétique avait été à sa présidence? Probablement bien différente! En ce sens le hasard fut heureux. Le modèles Français est, par sa nature et son expérience, particulièrement adapté à la gestion de ce genre de situation. Cependant, imaginer que le hasard puisse être un élément important de la politique européenne est une idée pour le moins dérangeante. Sociologue multi-culturaliste et fonctionnaire international travaillant quotidiennement avec des équipes multiculturelles je sais par expérience que la véritable richesse de l'Europe se trouve dans son patchwork de talents complémentaires. Si nous pouvions développer la capacité et le pragmatisme nécessaires à l'identification des modèles européens les plus efficaces pour une situation donnée et apprendre à nous en servir opérationnellement, l'Europe occuperait probablement plus systématiquement ce rôle central qu'elle a parfois du mal à prendre face aux grands défis de la planète. Cette dernière conviction repose d'ailleurs sur des constats empiriques locaux certes très techniques et très limités mais extrêmement révélateurs en terme de potentiel.
Enfin pour réagir à votre réflexion " Nous ne devons nous enfermer dans aucune liturgie ni nous attacher à une seule chapelle" je voudrais aborder une chapelle trop peu connue, mal utilisée, vitrine parfaite des "faiblesses culturelles" de la France mais source potentielle de plus value si l'on se donne la peine d'en pousser la porte et d'en rénover les voutes. Cette chapelle est le milieu particulier des fonctionnaires internationaux Français. Si notre pays possède la capacité et le pouvoir de placer des Français à des postes clefs des organisations internationales phares, il se montre beaucoup moins performant en ce qui concerne le support aux postes stratégiques des organisations moins réputées, le support aux postes stratégiques de niveau subalternes et la construction d'un lien identitaire fort entre l'état et les fonctionnaires internationaux expatriés. Il est clair que :
• Les Français internationaux ne se sentent pas supportés par la France. Ils ont la plupart temps géré leur candidature personnellement et ont peu voire aucun contact avec les autorités nationales.
• Les Français internationaux gardent l'esprit gaulois! Indépendants, individualistes, peu enclin à intégrer des réseaux, isolés, ils peuvent difficilement concurrencer avec les réseaux anglo-saxons (l'efficacité du modèle Irlandais étant un cas d'école!).
Consciente de ces réalités au travers des témoignages de ses membres, considérant qu'il est important d'exploiter le potentiel d'une communauté qui pourrait être organisée, active et proactive sans trop d'efforts, l'Association des Fonctionnaires Français Internationaux aux pays Bas (AFFPB) a décidé de proposer une stratégie de structuration à l'ensemble des associations de fonctionnaires internationaux. Créer des ponts de communication, construire des réseau inter-organisations, donner un sens identitaire fort au statut de fonctionnaire international, recréer un véritable lien avec la nation (par le biais de la MFI dont les activités pourraient également être adaptées aux besoins d'évolution), mener des actions communes alignées sur la politique étrangère de la France, représenter les intérêts de la France à tous les niveaux hiérarchiques, voilà le type démarche que nous comptons initier et défendre. Au delà des bénéfices potentiels en termes de résultats politiques et sociaux, nous sommes persuadés que ces actions permettront également une régénération de l'usage de notre langue dans des organisations internationales trop souvent phagocyté par l'anglais. De fait, la structuration d'une communauté Française internationale politiquement active permettrait d'engendrer une double dynamique de retour du Français et de construction de modèles professionnels identitaires qui, par un phénomène de cercle vertueux, impliquerait un renforcement de notre langue et de notre culture sur le terrain.
C'est donc à partir de cette vision que l'AFFPB va tenter d'avancer et d'innover. Je profite d'ailleurs de l'occasion pour mentionner le fait qu'un support de principe de votre part et idéalement une participation active d'un responsable des affaires européennes ou du ministère des affaires étrangères (qui pourrait suivre l'évolution des projets et en garantir l'alignement avec la politique européenne et internationale de la France) seraient des apports majeurs à la démarche lui offrant une crédibilité à même de nous faire gagner un temps considérable.
C’est avec joie et plaisir que j’aborderai à l’avenir ces questions et d’autres au travers de votre blog en espérant un jour avoir l’occasion de le faire de vive voix et moins succinctement.
Respectueusement
Dominique Hoppe
dhoppe@epo.org
"Les dirigeants européens prépareraient secrètement une campagne d'une ampleur sans précédent pour propager les cultures et les aliments génétiquement modifiées dans toute l'Europe. Des documents confidentiels obtenus par le quotidien britannique The Independent, rédigés à la suite d'une série de réunions à huis clos des représentants des 27 gouvernements, dévoilent ces plans pour « activer » l'introduction des cultures et des aliments modifiés et « s’occuper » de la résistance du public contre eux. Ni la composition du groupe, ni ses objectifs, ni le résultat de ses réunions n’ont été rendus publics. La liste des participants montre que le Président français Nicolas Sarkozy et Madame Angela Merkel, la Chancelière de l'Allemagne, ont envoyé de proches collaborateurs. Pour les "Amis de la Terre", « le but de Barroso est d'obtenir aussi vite que possible des OGM en Europe. Alors, il fonce vers les Premiers ministres et Présidents pour leur dire de pousser leurs ministres et de les faire rentrer dans les rangs. »
par Geoffrey Lean (The Independent, 26 octobre 2008)
Traduit de la version originale anglaise
"Des documents confidentiels obtenus par The Independent révèlent que Gordon Brown et d'autres dirigeants européens préparent secrètement une campagne sans précédent pour propager les cultures et les aliments génétiquement modifiées en Grande-Bretagne et sur l'ensemble du continent.
Rédigés à la suite d'une série de réunions à huis clos des représentants des 27 gouvernements, ces documents dévoilent des plans pour « activer » l'introduction des cultures et des aliments modifiés et « s’occuper » de la résistance du public contre eux.
Ces documents dévoilent également la volonté des dirigeants de demander aux «représentants agricoles» et aux « industries », y compris vraisemblablement des compagnies géantes de biotechnologie comme Monsanto, de se faire entendre pour contrecarrer les « intérêts » des écologistes.
La nouvelle de ces plans secrets doit forcément créer une tempête de protestations au moment où les préoccupations populaires au sujet de la technologie GM augmentent, même dans les pays qui l’ont jusqu'à présent acceptée.
L’opposition du public empêche toute culture modifiée en Grande-Bretagne. La France, l'un des trois seuls pays européens a l’avoir fait pousser en quantité, a suspendu leur culture. La résistance contre cette culture augmente rapidement en Espagne et au Portugal.
Harcelée, l’industrie de la biotechnologie a mené une campagne de relations publiques établie autour de l’assertion très contestée selon laquelle la modification génétique serait nécessaire pour nourrir le monde. Elle a eu un certain succès auprès des gouvernements où les ministres ont osé parler de plus en plus en faveur de cette technologie, ainsi qu’ à la Commission européenne, qui s’est vantée d’avoir « d'excellentes relations de travail » avec les lobbyistes des OGM.
Des réunions secrètes ont été convoquées par José Manuel Barroso, le président de la Commission favorable aux OGM, et présidées par son chef de cabinet, Joao Vale de Almeida. Les Premiers ministres de chacun des 27 membres de l'Union européenne ont été invités à désigner un représentant spécial [sic, ndt, qu’on peut soudoyer ?].
Ni la composition du groupe, ni ses objectifs, ni le résultat de ses réunions n’ont été rendus publics. Mais l'Independent a obtenu des documents confidentiels écrits par le président, notamment la liste de l’assistance et les conclusions des deux réunions tenues à ce jour, le 17 juillet et il y a juste deux semaines, le 10 octobre 2008.
La liste montre que le Président français Nicolas Sarkozy et Madame Angela Merkel, la Chancelière de l'Allemagne, ont envoyé de proches collaborateurs. La Grande-Bretagne était représentée par Sonia Phippard, directeur pour l'alimentation et l'agriculture au Ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales.
Les conclusions révèlent que les discussions tournaient surtout autour de la façon d'accélérer l'introduction des cultures et des aliments génétiquement modifiées et de persuader le public à les accepter.
Les produits modifiés doivent être approuvés par l'UE avant qu'ils ne puissent être semés ou vendus quelque part en Europe. Mais, bien que les fonctionnaires de la Commission soient en général très favorables, les gouvernements européens sont divisés, ce qui a conduit dans l’impasse le Conseil des ministres où ils étaient représentés.
Dans ce cas, les bureaucrates de la Commission passent à travers malgré tout. Ils sont légalement autorisés à le faire, mais les gouvernements et les groupes environnementaux qui rejetaient les OGM ne sont pas satisfaits.
Les conclusions de la première réunion demandaient « l’accélération de la procédure d'autorisation fondée sur de solides évaluations de manière à rassurer le public » tandis que la seconde rajoutait : «Des décisions pouvant être prises rapidement sans compromettre la sécurité. »
Mais les documents font aussi comprendre que M. Barroso va au-delà de la simple exhortation, essayant d'obtenir des Premiers ministres qu’ils rejettent leurs propres ministères de l’Agriculture et de l'Environnement en faveur des OGM. Ils signalent que le président « a rappelé l'importance pour les premiers ministres de considérer plus largement la situation. Il invite les participants à rapporter les débats du groupe à leur chef de gouvernement, et à souligner l'importance d’attirer leur attention sur les discussions en cours au Conseil des ministres. »
Helen Holder des Amis de la Terre en Europe, a déclaré : « Le but de Barroso est d'obtenir aussi vite que possible des OGM en Europe. Alors, il va droit aux Premiers ministres et présidents pour leur dire de pousser leurs ministres et de les faire rentrer dans les rangs. »
Les conclusions des réunions sur l'opposition du public sont encore plus incendiaires. Les documents considèrent « la meilleure façon de s’occuper de l'opinion publique » et demandent « un dialogue sans émotion, basé sur le fait des normes élevées de la politique de l’UE envers les OGM. » Et ils notent l’emphase du président sur « le rôle de l'industrie, des partenaires économiques et de la science pour contribuer activement à ce dialogue. » Le président rajoute que, « le public se sent mal informé » et « les représentants agricoles devraient se faire entendre plus souvent. » Et dans une attaque dissimulée contre les groupes écologistes, il dit que le débat « ne doit pas être abandonné à certaines personnes qui n’ont qu’un droit légitime, sans aucun véritable intérêt».
Ce qu'ils en disent :
« Nous devons nourrir 2,5 milliards de gens supplémentaires. Il serait extraordinaire que nous ne choisissions pas d’exploiter la plus importante percée dans la science biologique. » Professeur Allan Buckwell.
« Les nouveaux développements vont bénéficier aux plus pauvres du monde agricole : riz génétiquement modifié résistant à la sécheresse, cultures transgéniques dotés de gènes protégeant contre la maladie. » Lord Dick Taverne, Sense About Science.
« Les cultures génétiquement modifiées posent des risques inacceptables aux agriculteurs et à l'environnement et n’augmentent pas le rendement en dépit d’un financement en millions de dollars du contribuable du Royaume-Uni. » Kirtana Chandrasekaran, Amis de la Terre.
« Les cultures génétiquement modifiées n’ont pas un rendement supérieur. Des scientifiques ont découvert que l’insecticide des cultures génétiquement modifiées peut fuir et tuer les champignons bénéfiques du sol. » Peter Melchett, Soil Association."
Questions & réponses sur le problème des OGM
Combien d’OGM sont cultivés en Europe ?
Très peu. Les documents vantent une augmentation de 21 pour cent des surfaces l'an dernier, prouvant « l'intérêt croissant. » Mais ça ne couvrait que 0,119 pour cent des terres agricoles en Europe.
Quels sont les problèmes?
Surtout environnementaux. Les essais officiels en Grande-Bretagne ont montré que faire pousser des cultures génétiquement modifiées était pire pour la faune que les cultures classiques. Plus grave, les gènes s’échappent des plantes modifiées et créent de super mauvaises herbes qui contaminent les cultures normales et biologiques, interdisant aux consommateurs le choix du produit sans OGM.
Mettent-ils la santé en danger ?
Difficile à dire. Certaines études montrent qu'elle le peuvent, d'autres (notamment pratiquement toutes celles de l'industrie) sont rassurantes. Le problème est qu’il y a eu très peu de recherches véritablement indépendantes et confirmées par des spécialistes. La plupart des consommateurs ont conclu raisonnablement qu’ils préféreraient être prudents plutôt qu’avoir à le regretter, d'autant plus qu'ils n’ont aucun intérêt à acheter des OGM.
Peuvent-ils nourrir le monde ?
Bien sûr que non à peu de chose près. Malgré tout le matraquage publicitaire, les variétés génétiquement modifiées actuelles ont un rendement inférieur à celui de leurs homologues conventionnelles. Les semences sont coûteuses à acheter et à faire pousser, de sorte que les fermiers riches du monde développé ont tendance à les utiliser, chassant les pauvres du business et augmentant la misère. La plus grande évaluation agricole jamais réalisée, présidée par le professeur Robert Watson, maintenant scientifique en chef du Defra, a récemment conclu qu’elles ne feraient pas l’affaire."
Sources (versions originale/traduite) : The Independent & Centre de recherche sur la mondialisation
Et on ose prétendre que les "politiques" s'occupent du bien public ! Le représentant, pour la France, c'était vous Monsieur Jouyet ?
On peut dire les choses plus simplement: la crise du crédit est celle de la City, et pour l’Union cela signifie, d’abord, la crise radicale de l’économie-politique britannique atteinte en outre par la baisse consécutive du prix du pétrole. Ce pourquoi, d’ailleurs, Brown a joué un tel rôle dans la formulation de sa solution provisoire. L'instinct de survie rend inventif.
La sortie de crise - dans dix ans?- passe par une réforme radicale de l’économie britannique et de ses clones. L’Union a tout intérêt à être son laboratoire. Et le Royaume Uni a tout intérêt à être sauvé par l’Union. Parce que les USA, cette fois, ne débarqueront pas.
Mais n'oublions pas que le Royaume Uni, et sa formule de gouvernement, sont aussi à l'origine de la grande politique socio-économique de l'Union: la stratégie de Lisbonne.
Il y a du pain sur la planche.