Vues d'Europe | Le blog de Jean-Pierre Jouyet

Après l’Irlande…

16.06.08 21:16| 60 commentaires | Fil des réactions à ce billet

Jeudi dernier, l'Irlande devait être le 19ème pays à ratifier le Traité de Lisbonne signé le 13 décembre dernier dans la capitale portugaise. Mais c'est le non qui l'a emporté, à 53,4% des voix.

Vendredi, à Marseille, en apprenant les résultats du référendum irlandais, j'ai dit que j'étais effondré. J'étais ému, car chaque coup dur porté à l'Europe qui est mon combat depuis tant d'années, me fait mal.

Et puis, comme toujours la raison l'a emporté sur l'émotion: l'Europe en a vu d'autres. Il ne faut pas céder au catastrophisme. Il faut écouter tous nos partenaires, les responsables irlandais tout d'abord et entendre ce que les électeurs ont voulu nous dire. Permettez-moi quelques observations:


- il ne faut pas stigmatiser les Irlandais. Leur constitution impose un référendum. Nous n'avons pas de leçon à leur donner nous qui avons vécu une situation équivalente avec la Constitution en 2005;

- on le voit bien aujourd'hui, il n'y avait pas de plan B. Nous devons inciter tous les Etats membres à poursuivre le processus de ratification. Cela nous donnera une idée plus juste des positions des uns et des autres et nous laissera un peu de temps pour la réflexion. Je demeure convaincu que nous aurons besoin, à terme, des avancées de ce Traité.

- les priorités de la présidence française demeurent pertinentes et le sont plus que jamais. Il faut montrer que l'Europe est utile sur l'énergie et l'environnement, l'immigration et l'asile, la politique agricole ou la défense. Il faut y ajouter un volet économique et social et ne pas oublier les relations extérieures. Ces priorités ont été définies à traité constant, la suspension du traité de Lisbonne ne les remet pas en cause!

- ce refus ne remet pas plus en cause la réunification de l'Europe à 27. Il n'y a pas un seul pays ayant récemment adhéré qui ait, jusqu'à présent, refusé ce Traité. Ils ont, au contraire, été parmi les premiers à le ratifier. Mais je rappelle que si nous souhaitons offrir une perspective européenne à la Croatie ou aux Balkans, le Traité de Lisbonne reste nécessaire, le Traité de Nice n'étant conçu que pour 27 pays.

- reste une vraie question : comment mieux répondre aux préoccupations des citoyens, comment renforcer la démocratie au sein de l'Union? Il faut bien évidemment essayer de comprendre pourquoi l'Europe suscite de telles réticences, pourquoi les jeunes ont du mal à y adhérer? En tout état de cause, l'Europe ne se fera pas sans les peuples!

- les réponses ne vont pas de soi mais ce sont des questions à laquelle le Comité des Sages devra essayer de répondre même si ce n'était pas, à l'origine, la mission qui lui était assignée.

Catégorie : L'EUROPE QUE JE VOIS | Mots clés : Comité des Sages présidence française référendum irlandais Traité de Lisbonne Traité de Nice

60 commentaires REAGIR

1 x.delcourt17.06.08 11:52

Cher Jean-Pierre Jouyet
Les réponses, au contraire, vont de soi. Nous n'avons aucun besoin d'un comité de sages. Le traité de Lisbonne est le moyen (le moins mauvais) de les administrer. Vous le savez.
Il faut donc qu'il rentre en vigueur, dès que possible, avec ou sans les Irlandais, avec ou sans ceux qui doivent encore le ratifier.
Il n'y a en effet aucune raison de stigmatiser les Irlandais - mais il faudrait que vous nous prouviez que leur constitution impose un référendum: pour l'avoir lue, je ne le crois pas.
Puisqu'ils ont opté pour le référendum, il faut tout simplement mettre les Irlandais face à un choix au lieu de les mettre face à un simulacre de choix. Qu'ils adhèrent à ce traité, ou qu'ils quittent l'Union. Le "oui" ou le "non" seront ainsi des actes, engendrant des conséquences, et non des gesticulations. Et leur décision sera respectée, comme celle de tous les autres pays membres.
C'est exactement ce qu'il aurait fallu faire avec les Français et les Néerlandais. En ne le faisant pas, l'Union a perdu beaucoup de temps et d'énergie pour rien.

2 x.delcourt17.06.08 11:55

PS:
Quand aux priorités de la présidence française définies "à traité constant", vous plaisantez évidemment.
Mais ça fait du bien de sourire.

3 k.tasse.trof17.06.08 20:35

Monsieur Jouyet,
à lire le texte ci-après, vous avez déjà une part de l'explication du NON irlandais. Il me semble que la situation fançaise y ressemble. Et je comprends alors votre refus de soumettre le traité de Lisbonne aux "aléas de la procédure référendaire". Ces informations pouraient être transmises au Comité des Sages.

Interrogé sur les raisons de la victoire du "non" au référendum irlandais, il [JP Jouyet] a mis en avant les "poches de pauvreté" et les "inégalités de revenus et de patrimoines très importantes" dans le pays ainsi que le fort "recul de croissance" dont a souffert l'Irlande. Enfin, "je pense qu'incontestablement, il y a un problème" concernant le "sens de la construction européenne", a-t-il déclaré, plaidant pour une adaptation des politiques européennes.

D'autre part, Bruxelles est quand même un "empêcheur de tourner en rond" :
- qui a dit "Mon premier devoir n’est pas d’aller rendre des équations comptables" à propos des déficits? (septembre 2003)
- qui a demandé à un Commissaire français de s'occuper plus des intérêts de la France? "J'ai fixé à Pascal Lamy deux objectifs, au nom de la France" (septembre 2003)
- qui proteste lorsque la Commission annonce la fin de la pêche au thon rouge? (Barnier 2008)
- qui n'a pas voulu passer la TVA à 5,5% pour la restauration? tous en choeur : Bruxelles ! ou l'Europe !
Voulez-vous d'autres exemples?

Des propos et résultats ne peuvent que rendre plus réticent à plus d'Europe.

Cela répond-il en partie à votre VRAIE question ?

Quant à obtenir une vue plus juste en faisant ratifier le traité par ceux ne l'ont pas encore fait, cela donnera une vue des élus et non des électeurs.

Vous écrivez : "l'émotion l'a emporté sur la raison", comme toujours, ceux qui n'approuvent pas sont dénigrés en totalité, "Les Français ne répondent pas à la question",

Europe France Région Département Canton Communauté de communes Communes : comment voulez-vous que l'on s'y retrouve vraiment lorsqu'ils se renvoient la balle ?
Député Maire Président de communauté de communes Exercice d'une profession : tous ces cumuls ne sont-ils pas un handicap pour que le travail soit bien fait ?

4 TyrandO18.06.08 09:00

Au point où en sont les choses, il faut passer en force : poursuivre le processus de ratification et obliger ensuite les irlandais à se soumettre (ratifier ce foutu traité de Lisbonne) ou se démettre (quitter l'UE).

C'est en faisant fonctionner correctement l'UE dans le cadre du traité de Lisbonne qu'on pourra ensuite raccomoder l'UE avec les opinions publiques.

5 Sanscesse18.06.08 23:27

Il me semble que le vote non des irlandais était surtout une manière pour eux d'obtenir "un meilleur deal". Ils veulent répéter Nice : ils avaient alors obtenu des assurances après un premier vote négatif. Les sondages suggèrent que les électeurs du non souhaitaient en fait une re-négociation :
http://unionsanscesse.wordpress.com...

6 k.tasse.trof19.06.08 08:31

à TyrandO : amusant
quelle méthode valable en droit voyez-vous pour passer en force ?
donc à supposer que passer en force soit possible, cela risque d'inquiéter lors des prochaines consultations, à raison;
se démettre ? pourquoi ? la règle du jeu était connue depuis longtemps, il faut faire avec, content ou pas, que penseriez-vous d'une association type 1901 dans laquelle on passerait outre aux statuts, on demanderait à la minorité de démissionner ?

vous pensez qu'après cela l'Europe fonctionnera correctement et qu'on pourra raccomoder l'Europe et les opinions publiques?
pour le fonctionnement j'ai un doute (voir plus haut), très sérieux, ce doute
pour le raccomodage : ON? qui ? "Quand tous les déçus se seront tus, on n'entendra plus que les décevants", 47% de silencieux en Irlande !, donc environ un quart des inscrits a pu obtenir le non, c'est démocratique chez eux, un pays sur 27 dit non, cela ne l'est plus, et je ne reprends même pas les arguments basés sur les populations (1%), que pensez-vous alors des votes à l'ONU, un pays une voix? que pensez-vous alors de l'OMC : unanimité nécessaire?

Les règles du jeu actuelles ? Souvenez-vous donc des tractations pour le nombre de sièges au Parlement européen, pour définir ce qu'est une majorité qualifiée. L'unanimité à 27 ? Comme on n'a pas trouvé de compromis, on est resté sur de vieilles règles. FALLAIT PENSER A MOYEN TERME ET NON PAS A COURT TERME !

modifions la constitution irlandaise pour ne plus être emm... par les électeurs; au fait, pour modifier une constitution chez eux, c'est comme chez nous ?

7 Antityran19.06.08 17:19

Bonjour, le Tyran ! Vous méritez bien votre surnom.
«Passer en force» ! Quel cynisme !

8 BA20.06.08 10:02

Jean-Michel Aphatie était pour le OUI à la Constitution Européenne en 2005, et pour le OUI au traité de Lisbonne en 2008.

Le 19 juin, Jean-Michel Aphatie publie sur son blog une chronique intitulée " L'Europe, une idée morte. "

A la fin de sa chronique, il pose la question qui est la plus importante à ses yeux : pourquoi les dirigeants français s'acharnent-ils à maintenir artificiellement en vie l'idée européenne, puisque l'idée européenne est morte ?

9 x.delcourt20.06.08 11:25

BA
Enlève ton B, JM, on t'a reconnu.

10 Gilles Pradeau20.06.08 16:18

Que pensez-vous de ce que disait Cohn-Bendit sur le site du Monde hier ? Il faut selon lui "libérer les pays qui ne veulent qu'une Europe du libre-échange et de donner à ceux qui veulent une Europe politique la possibilité, selon les majorités politiques, de définir ce qu'est une Europe qui s'oriente vers une harmonisation fiscale, une identité sociale et une responsabilité écologique."

Le problème du sens du référendum national sur des textes c'est l'enchevêtrement des motivations pour répondre oui ou non (ça restera vrai même sur un texte de quinze pages d'ailleurs comme le suggère Cohn-Bendit). La position des Verts est de demander un référendum européen pour éviter la nationalisation des débats, mais ce n'est réalisable juridiquement qu'à long-terme (avec le traité qui suivra celui de Lisbonne ?).

Pourquoi alors ne pas proposer des référendums nationaux portant sur des objectifs concrets (taxe européenne, armée européenne, monnaie européenne,...) pour que la réponse ait un sens plus clair ?

L'article du blog de Quatremer sur le sondage sur les motivations du Non irlandais conforte l'intérêt de cette solution à court-terme qui évite l'agrégation de votes contradictoires (ou basés sur des fantasmes) difficile à interpréter quand on vote sur un texte.

Ne serait-il pas temps de prendre plus au sérieux la divergence de chacun quant aux objectifs de l'Union et d'en tirer toutes les conséquences pour mettre en place des coopérations renforcées ?

11 Jean-Pierre Jouyet24.06.08 14:31

Bonjour,

Il faut que le Traité de Lisbonne entre en vigueur à 27, quant aux priorités de la Présidence française du Conseil de l'Union européenne définies à "Traité constant", non, vous le verrez, c'est l'Europe par la preuve et par l'épreuve.

La responsabilité est collective: Etats et institutions vis-à-vis du "non irlandais", évitons les visions manichéennes.

On ne crée l'Europe, ni dans la confusion, ni bien sûr par le passage en force.

Quant aux propos de M. Jean-Michel Apathie "pourquoi les dirigeants français s'acharnent-ils à maintenir artificiellement en vie l'idée européenne, puisque l'idée européenne est morte", sans aller jusque là, nous devons reconnaître qu'il y a un vrai problème de désir européen.

12 Raphaël25.06.08 11:13

L'idée de faire l'Europe passe aussi par une vraie place des députées européens.
Pourquoi la France montrant l'exemple ne supprimerait pas l'Assemblée Nationale et ferait de nos députés européens nos représentants du corps législatif (en gardant le Sénat).
Ils voteraient sur ce qui relève de l'Union et pour le reste ils seraient nos députés et pourraient expliquer aux Français les choix faits!
Enfin, il faut lancer l'Europe des projets avec les pays qui souhaitent y aller , au début nous n'étions que 6 pays.
Tout n'est pas possible pour tous tout de suite, la géométrie varaible de l'europe est une solution.

13 Charlotte25.06.08 18:38

On est face à un dilemne démocratique : 1) toute consultation populaire aboutit à un rejet parce que c'est une occasion de protester contre n'importe quoi, et l'Europe est alors un bouc émissaire parfait. Il faut dire que les politiques ne jouent pas un joli jeu à ce sujet !
2) Il faut donc de fait renoncer à toute consultation de type referendum si on veut avancer.
3) Mais démocratiquement parlant, ce n'est pas très satisfaisant !
4) Il faut introduire un élément nouveau : l'INFORMATION ; il est évident que en dépit de la multitude d'informateurs, l'information auprès des citoyens n'est pas faite, ou elle l'est très mal, alors que les désinformateurs eux usent et abusent d'Internet pour jouer sur toutes les peurs, avec un talent fou. Les journaux télévisés qui sont l'information en tout et pour tout de beaucoup de Français ne parlent pas de l'Europe, ou très mal. Et c'est vrai de tous les pays. Les journalistes si prompts à défendre leur liberté devraient quand même se saisir du problème, mais aussi les institutions nationales et européennes. Les députés ne pensent qu'à leur réélection et comme leurs électeurs se moquent de l'Europe, ils n'en parlent pas ! Si la présidence française pouvait avancer sur le sujet, sans craindre qu'on l'accuse de faire de la propagande, ce serait un pas énorme ! Et même si on l'accuse de faire de la propagande, c'est pour la bonne cause ! Si les choix des gens ne sont pas éclairés, comment voulez-vous qu'ils fassent un bon choix ? Il faut passer du stade de l'ignorance aveugle au choix intelligent. Vaste programme.

14 swbr3525.06.08 21:13

«Il faut bien évidemment essayer de comprendre pourquoi l'Europe suscite de telles réticences, pourquoi les jeunes ont du mal à y adhérer? En tout état de cause, l'Europe ne se fera pas sans les peuples!»

Ce n'est pas l'Europe qui suscite des réticences, c'est l'Union européenne.
Pourquoi toujours faire semblant de confondre?
Il y aurait quelque chose à cacher dans l'Union européenne?
Le mot serait-il gênant?

Est-ce par détestation de la répétition?
Mais peut-on interchanger des mots qui ne sont que voisins, et qui ne sont pas synonymes?
Il a ici un vrai problème de lexique, qu’on traite par-dessous la jambe, si vous me permettez cette expression très familière.

15 Etienne25.06.08 22:50

Monsieur Jouyet,
Comme beaucoup de fonctionnaires de Bruxelles, qui ne sont pas élus, et qui n'ont aucun compte à rendre devant les peuples, vous voulez imposer par la force une décision de quelques-uns à l'ensemble du peuple Européen.
Ceci n'est pas de la démocratie ! Mais tout le contraire...
Refaire un référendum en France est possible à une seule condition : faire en même temps un référendum pour ou contre l'adhésion de vos copains turcs.
Le résultat : ce sera un OUI à la constitution et un NON à vos copains turcs, ne vous en déplaise !
Si vous êtes un vrai européen (pas un asiatique islamiste) organisez ce référendum.
Le jour où les fonctionnaires de Bruxelles seront de vrais démocrates, le peuple européen votera OUI.
Nous aimons la liberté, la démocratie et non la tyrannie de fonctionnaires imbus de leur personne.
Vive la vraie Europe, l'Europe Européenne !!!

16 swbr3526.06.08 18:48

Bonjour à tous,

Je constate sans amertume et sans surprise que les nombreuses questions de langue que j’ai posées dans les commentaires de plusieurs billets de ce site n’intéressent personne: le sens des mots «Europe», «Européen», «étranger», de l’expression «ministère des Affaires étrangères et européennes», le gentilé pour «Union européenne»...

Je propose, Jean-Pierre Jouyet, de commencer par le début, et de lancer un concours, un appel d’offres de gentilés intitulé «Comment appeler les ressortissants de Union européenne?».
C’est tendance, qui plus est; c’est démocratique et participatif (je le dis sans rire).

Alors : des Européens-Unis, des U-Européens, des Uniono-Européens?

Bref, créer des outils de langue, de «communication» (comme disent les gens lettrés), pertinents, précis, non équivoques.

Bien cordialement à tous.

17 lisa26.06.08 21:49

L'avis d'un professionnel respecté de tous :

Le droit international est formel : un traité européen, qui est un traité international, ne peut être ratifié qu'à l'unanimité des Etats membres, sauf si tous les Etats membres ont décidé antérieurement, à l'unanimité, que ce traité pourrait être ratifié à la majorité, ce qui n'est pas le cas pour le traité de Lisbonne, pas plus que pour les traités européens antérieurs.

Toutes les lamentations ne changeront rien à cette réalité. Inutile donc de déplorer que 4 millions d'Irlandais – 800 000 électeurs – puissent "bloquer" 450 millions d'Européens. Tout le monde sait que s'il y avait eu des référendums partout, le non l'aurait emporté dans plusieurs pays. Le désaccord entre les élites et la population est désormais flagrant. Cet épisode est le énième soubresaut, après ceux de 2005, de la fuite en avant intégrationniste et européiste d'après Nice.

La poursuite de la ratification par les huit autres est bien sûr possible mais ne change pas cette réalité. Une renégociation à vingt-sept est inenvisageable, et aboutirait de toute façon aux mêmes résultats. La renégociation d'un traité de Lisbonne à vingt-six apparaîtrait comme une manipulation de la démocratie, alors que la démocratie représentative est déjà attaquée. Elle n'aura pas lieu. Les élites européennes ne peuvent pas prêcher l'état de droit dans le monde et s'en affranchir chez eux. Le "noyau dur" sera à nouveau évoqué ici et là mais ne se concrétisera pas.

Quels pays en feraient partie ? Pour faire quoi ? En passant outre aux oppositions des exclus de ce noyau dur ? En faisant ratifier comment cette création ? Cela ne se fera pas. Seule hypothèse : des améliorations limitées, point par point et sans emphase, des traités existants, par exemple, sur la présidence durable, à condition qu'elles soient ratifiables partout par la voie parlementaire. Seule solution, donc : que les Irlandais revotent un jour, si leurs dirigeants et les autres dirigeants européens estiment possible de prendre ce risque.

Dans ce cas-là, et si les Irlandais votent oui, l'Union passera, avec retard, du traité de Nice à celui de Lisbonne. Sinon, elle continuera à fonctionner dans le cadre de Nice. Il est temps d'admettre que l'intégration politique globale (au sens fédéraliste) de l'Union à vingt-sept n'ira pas plus loin que Nice (ou Lisbonne, si les Irlandais revotent, et votent oui). Et pourtant, l'Union a besoin d'agir et de lancer de nouvelles politiques. Comment ?

LA NON-RATIFICATION DU TRAITÉ DE LISBONNE NE DOIT PAS ÊTRE UNE EXCUSE POUR NE PLUS RIEN FAIRE

Il faudra distinguer clairement intégration (les peuples se fondent et s'en remettent à l'Europe) et construction (les peuples mettent en commun leur volonté d'agir ensemble). L'intégration a été longtemps présentée comme la seule voie légitime, mais ce n'est plus une voie d'avenir : dès que les peuples en ont l'occasion, ils votent contre. En revanche, il n'y a pas d'opposition aux politiques communes et aux projets.

Est-ce tragique ? Depuis une dizaine d'années, on a exagéré le rôle et la portée des traités et des institutions, comme si tout en dépendait de façon magique. On a créé des attentes énormes qui se sont muées en inquiétude. Le paroxysme a été atteint avec le projet de Constitution. Il faut changer de méthode. La non-ratification, à ce stade, du traité de Lisbonne, est regrettable. Mais elle ne doit pas être une excuse pour ne plus rien faire, au contraire.

Après tout, quel traité était en vigueur quand a été conçu le traité de Rome ? Aucun. Et est-ce grâce à des traités que Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt, François Mitterrand, Jacques Delors et Helmut Kohl ont fait ce qu'ils ont fait ? Non, par volonté politique, la présidence française devait de toute façon se dérouler – avec ses avancées annoncées – sous l'empire du traité de Nice.

Ce ne sont pas les insuffisances des traités qui empêchent l'adoption d'une politique commune de l'énergie, mais les désaccords de fond sur la Russie, le nucléaire, la séparation entre production et distribution. En matière internationale (que faire au Proche-Orient? sur l'Iran? la Chine ? etc.), de toute façon, les décisions restaient à l'unanimité. Sur l'écologie, la recherche, l'Europe de la défense aussi, cela dépend d'abord de la volonté des gouvernements. Je ne pense pas qu'il faille réagir au non irlandais par des bricolages institutionnels. Ni par une fuite en avant dans "l'Europe politique", "sociale" ou "des citoyens" mal définie.

En tout cas, pas dans la situation actuelle. Cela réveillerait attentes impossibles à satisfaire, illusions bientôt perdues, désaccords de procédure et de fond et créerait plus de problèmes que cela n'en réglerait en mélangeant encore plus ce qui relève des Etats membres et ce qui relève du niveau européen. La confusion serait totale.

Ce qu'il faut, c'est l'affirmation d'une forte volonté commune des Vingt-Sept autour d'une priorité : défendre les intérêts des Européens dans la mondialisation en faisant de l'UE un pôle régulateur de la mondialisation sauvage. Ce qui peut se décliner : politique commune de l'énergie, de l'environnement et de la recherche, propositions de régulation financière et de réforme des institutions internationales (nouvelles positions dans l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire internationnal, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques, etc.), stratégie à long terme vis-à-vis des pays émergents, etc. Cela doit être expliqué et se voir.

Le moment est opportun : il y a partout, même aux Etats-Unis, une acceptation nouvelle, voire un désir nouveau, de règles. Tout cela peut et doit
être entrepris sans attendre un meilleur traité.

L'UE peut elle être une organisation hors la loi Mionsieur Jouyet?

Croyez vous sincèrement que l'Europe que vous aimez mérite un tel traitement?

Merci d'être adulte...Et de respecter la France.

18 maria26.06.08 23:19

Proposition :

Pour le prochain référendum irlandais, il faut l'organiser avec juste 1 bulletin de vote : le "oui."

Comme ça, pas d'erreur possible !

Comment çà? Pas démocratique?

Mais si. Après tout, dans la très "démocratique" URSS, il y avait des élections, avec un nombre important de candiidats : Staline, Staline, ou...Staline !

Le choix est très large ! L'UE pourra ainsi assurer combien elle est "démocratique" !

Autre idée :

Pourquoi ne pas élire le Peuple? Il parait que c'est possible. Vous demandez aux parlementaires irlandais. Si nécessaire, ils peuvent obtenir des conseils de la France. Un processus "démocratique" de ce genre a en effet eu lieu en juillet 1940.

Quoi? Le Général De Gaulle a osé dire que ce n'était pas "démocratique"?

Mais cet homme était seul ! Quand on est seul, on a toujours tort n'est ce pas?

Et puis il est si facile de dire que le Peuple approuve...Sans le consulter !

19 julie26.06.08 23:51

Monsieur Jouyet,

Vous vous étonnez des "réticences" des citoyens, et pour être plus général, du "désamour" des citoyens pour ce que vous pensez être l'idée européenne (que toutes les études contredisent) mais qui n'est en fait qu'une contestation non de l'UE, mais de la manière dont fonctionne l'UE.

Cette manière de confondre "idée européenne" avec "politique de l'UE", "manière de fonctionner de l'UE" est consternante. C'est un peu comme si vous disiez par ex que Luther ou Calvin, parce qu'ils préconisaient un renouveau du message christique...Etaient contre le Christ ! Les "idées" défendues par ce dernier !

Ou de la même manière, que vous disiez qu'en soutenant les Lumières...Les Français étaient contre le roi ! Voire le système monarchique !

C'est impressionnant d'ailleurs cette convergence d'attitude des "dirigeants" de l'UE...Et je dirais grosso modo de la Cour de Versailles, en 1789.

Premier ex : le 14 juillet 1789, le Peuple prend la Bastille. Cet événement fait noter à Louis XVI dans son carnet de chasse "rien". Et ce "sujet" ne franchit plus la bouche des courtisans de Versailles. Incident clos !

Comment ne pas voir dans le vote des Irlandais le même genre de réaction? Nicolas Sarkozy aurait tout aussi bien pu marquer "rien" puisqu'il considère ce vote comme un "incident", un "problème", forcément résolvable...Et dont le seul responsable est évidemment le vilain peuple.

Le 14 juillet 1789, le roi apprend donc la prise de la Bastille. Quelle est immédiatement sa réaction? Il s'agit là d'une "émotion populaire" comme le pays en connait régulièrement ! Etrange "émotion populaire" tout de même ! Pourquoi choisir un lieu aussi symbolique que la Bastille si ce n'est pour faire passer un message au roi?

Aujourd'hui, on assiste exactement à la même chose. Le référendum? Une volonté souveraine? Que nenni ! Les Irlandais, bien sur, ont "mal voté". Il s'agit là d'un vote fondé sur "l'émotion", qui est évidemment le fruit d'un peuple attardé, affublé d'un nom qu'on ose pas encore prononcer à haute voix, mais qu'on pense tout bas : ce n'est pas l'élite intelligente qui a voté...C'est forcément...La populace !

Cela fait nécessairement penser au traitement médiatique reçu par les Français à la suite du "non" en 2005. Ceux qui avaient voté "non" étaient évidemment incultes, ils ne savaient pas pourquoi ils votaient, ils étaient tous fachistes, ou communistes, et avaient des accointances avec le FN ! 55% de descendants des SS auraient donc voté ! Soyons sérieux Monsieur Jouyet.

Croyez vous sincèrement qu'il a eu 55% de Français "extrêmistes" dans le pays ? Que va t on dire des Irlandais? Je gage qu'on trouvera dans leurs origines...Un reste de leur passé colonial (l'Irlande ayant été colonisée par les Anglais)...Et donc l'eurosceptisme des Anglais auraient litteralement traversé les mers !

Explication bien sur absurde. Mais plus c'est gros, mieux çà passe, n'est ce pas?

20 BA27.06.08 13:53

La Commission Européenne a publié un sondage effectué auprès des Irlandais entre le 13 et le 15 juin 2008, c’est-à-dire après le référendum sur le traité de Lisbonne.

http://ec.europa.eu/public_opinion/...

Selon ce sondage, les jeunes Irlandais ont massivement voté NON au référendum.

65 % des 18-24 ans ont voté NON (lire la page 6 du sondage).

59 % des 25-39 ans ont voté NON.

52 % des 40-54 ans ont voté NON.

42 % des Irlandais de plus de 55 ans ont voté NON.

A propos de la situation sociale des Irlandais, voici les résultats du sondage :

74 % des travailleurs manuels ont voté NON.

56 % des sans-emploi ont voté NON.

51 % des employés ont voté NON.

40 % des Irlandais qui travaillent à leur compte ont voté NON.

21 Raphaël27.06.08 15:49

Lisa vous êtes une professionnelle, mais je me pose une question:
Si la volonté politique est essentielle, une chose doit être renforcée dans l'union: c'est le parlement. Il régule depuis qu'il a plus de pouvoir la vision technique de la commission.
Pas de poulets au chlore, un réglement REACH contre les produits toxiques etc, le choix des députés européens est celui des peuples, donnons lui la vraie place qu'il mérite et pas seulement une codécision car le vrai malaise soulevé par les Irlandais est DEMOCRATIQUE, la commission et les conseils des ministres n'ont pas le DROIT DE PRENDRE DES DECISONS RELEVANT DU LEGISLATIF! MONTESQIEU était en juin IRLANDAIS!

22 marianne27.06.08 16:50

Monsieur Jouyet,

Pourriez vous, s'il vous plait, avant d'aller inventer un statut juridique différenciée pour lIrlande..
Vous rappeler que vous êtes Secrétaire d'Etat à l'UE...Et que par conséquent, il serait bon que vous preniez une décision contraire aux traités ! Désolé, mais quand on décide à vingt sept de se dire "oui", il faut obtenir de vingt sept mariées un "consentement" à ce "oui".

Il se trouve que la mariée irlandaise, seule à pouvoir s'exprimer, à parler pour toutes ses soeurs (si ce n'est pas vrai, pourquoi ne pas avoir fait de référendum?)...Et elle a dit "non".

Selon le droit européen, comme l'a rappelé Monsieur Valéry Giscard d'Estaing, Monsieur Dupont Aignan, Madame Royal...Et surtout Monsieur Vedrine...Un traité qui ne reçoit pas l'agrément de tous ses contractants, est caduc. Il se trouve que la règle de la double unanimité a été admise par tous les contractants. On ne peut revenir dessus...Parce que cela arrangerait la France ! (Disons plutôt l'Elysée, la France ayant elle, votée "non" une nouvelle fois, à raison : un tel mépris ne mérite aucun effort en direction d'une organisation irrespectueuse du caractère souverain des peuples)

Si une telle règle est possible, je ne vois rien qui puisse empêcher, par la suite, en vertu de ladite règle, de contrecarrer la volonté souveraine, dans un autre domaine : les élections. Imaginons la chose suivante : un candidat se présente à l'élection présidentielle, laquelle se fait en deux tours, au scrutin majoritaire. Croyez vous sincèrement que les "petits partis" ne se coaliseraient pas, en vertu de ladite règle, pour partir du principe, au cours du deuxième tour, d'un changement des règles : finalement...Non, plus de scrutin à majorité...Mais à la proportionnel !

Je ne suis pas sur que le PS, comme l'UMP auraient voulu voir 18,6% de Modem, et 11% de FN à l'Assemblée !

J'ajoute que l'homme sérieux qu'on laisse penser que vous êtes, et qui je l'espère l'est réellement. L'UE est elle si importante à vos yeux qu'elle justifie l'irrespect envers la France (viol de sa Constitution : dès lors qu'on viole un traité, on viole la Constitution), envers le droit international (Convention de Vienne), envers le Conseil de l'Europe (Convention Européenne des droits et libertés fondamentales)

Je vous rappelle par ailleurs que contrairement au traité de Nice, le traité dit de Lisbonne a l'ambition de modifier toute l'architecture, tant institutionnelle, que constitutionnelle, de l'UE. Et que contrairement toujours au traité de Nice...Les Irllandais ne se sont pas abstenus, mais ont au contraire clairement, et de manière nombreuse, leur hostilité non à l'UE...Mais bel et bien à son fonctionnement, et à son priojet "politique" actuel.

Je ne pense pas, sincèrement, que violer la Constitution, le droit européen, celui international, sans parler de la Charte de l'ONU, soit vraiment la meilleure des choses à faire pour redonner envie aux citoyens de soutenir la construction européenne ! Ni qu'en poussant les Ilrlandais, en les menaçant (alors que juridiquement parlant, vous n'avez ni la compétence, ni le pouvoir de proposer un arrangement "juridique" puisque vous êtes tenu de respecter la Convention de Vienne, et que pour qu'un tel changement soit accepté...Il faut l'unanimité. Vous voyez franchement le Premier Ministre irllandais, déjà bien mal dans les "sondages", prendre le risque d'être encore plus affaibli? Ne croyez pas qu'il soit aussi dévoué que çà à l'UE !)

Je terminerais en vous demandant : pour quelle raison refusez vous une assemblée constituante européenne, élue par les citoyens européens, chargée de proposer un texte court, lisible, et clair, soumis à référendum le même jour (9 Mai par ex)?

Vous n'aimez pas le coté "démagogique" du référendum? Et bien, il ne tient qu'à vous de faire une contrebalance suffisante à l'égard de celle ci.

Autrement dit, permettez à l'Assemblée constituante d'informer les citoyens de ses travaux. Mettez les médias à contribution. Permettez, surtout, à tous les partis politiques, surtout les opposants éventuels au texte, de s'exprimer. (En les cachant, vous accréditez la thèse "l'UE vit en vase clos".

L'assemblée constituante aurait la tâche de présenter ses travaux, et d'en envoyer une copie à chaque citoyen de l'UE (non accompagné de tract pour le "oui" ou pour le "non")

Les parlements nationaux prendraient donc le relais, en étudiant à l'Assemblée Nationale, et au Sénat, lesdits travaux. Sans pouvoir amender le texte, ils pourraient formuler des critiques à l'égard de ces derniers, et faire des propositions, respectueuses de la Constitution nationale.

Ces critiques, venues de toute l'Europe, seraient rassemblées, synthétisées, par les constituants, lesquels trieraient ces critiques, pour trouver le plus de point commun dans les critiques.

Le traité serait adopté par le Congrès, puis, six mois plus tard, par les citoyens eux mêmes, dès lors bien informés, car ayant eu possibilité de suivre les travaux de l'AN et du Sénat, et dans le même temps, et ayant pris leur temps pour cerner un texte de 30 pages disons, se prononceraient en connaissance de cause sur le traité. Autant dire que pour une fois, les citoyens ayant été respectés, les "oui" ne seront pas difficiles à obtenir.

Les critiques formulées par les Parlements nationaux feraient l'objet d'un deuxième référendum. La question serait : vous venez de voter pour un traité visant à permettre à l'UE....Désormais, vos élus ont marqué un certain nombre de critiques à l'égard du texte. Approuvez vous celles ci?

Si tous les pays se prononcent pour les critiques, celles ci sont validées. De même pour le traité. Il faudra l'unanimité, tant parlementaire, que référendaire.

A quoi serviront les critiques? A permettre aux parlementaires, lorsqu'ils estiment que le traité met en cause tel ou tel élément de la politique nationale, ou européenne, de faire appel du vote démocratique, lorsque l'UE usurpe le pouvoir du Parlement national ou du Peuple lui même.

Autrement dit, si les citoyens se prononcent sur un traité donnant possibilité à l'UE de traiter avec les "églises", les citoyens qui sont forcément partisan du pluralisme en matière religieuse, et qui sont tolérants, pourraient accepter le texte.

Mais il pourrait aussi accepter les critiques formulées par les parlementaires, qui pourraient éventuellement s'opposer à un dialogue direct entre l'UE et les "eglises" pour éviter un viol par ex de la laicité en France.

23 Gilles Pradeau27.06.08 17:29

Félicitations pour votre intervention hier jeudi devant le Conseil Régional Ile-de-France.

Dommage que votre réplique au FN (et à Libertas) sur le thème "je ne veux pas d'une Europe irlandaise" ne puisse pas trouver davantage d'écho dans ce gouvernement...

24 swbr3527.06.08 19:05

«Vous rappelez que vous êtes secrétaire d'Etat à l'UE», écrit Marianne à Jean-Pierre Jouyet.

Secrétaire d'Etat à l'UE ou secrétaire d'Etat à l'Europe?

25 anita27.06.08 20:13

Monsieur Jouyet, s'il vous plait, avant de condamner l’Irlande, qui a fait son devoir démocratique (et il y a deux réponses possibles lors d'un référendum), et de chercher à contourner sa décision démocratique, posez-vous deux questions :

1 – Y en a-t-il un Etat membre, qui est passé par la voie parlementaire, qui puisse sincèrement dire qu'il croie vraiment que ce traité survivrait à des référendums dans les 26 autres pays ?

2 – Est-ce que menacer un pays parce qu’il est démocratique est un acte démocratique ?

Etes vous marié, Monsieur Jouyet? Si c'est le cas, posez vous cette question :

au moment où le maire vous aurait demandé (ou vous demandera) "voulez vous de untel"? Auriez vous aimé que quelqu'un d'autre réponde à votre place, et pas forcément ce que vous souhaitez (ou souhaiteriez?) ?

A bon entendeur, salut.

26 Richard Prevett28.06.08 14:33

Dear Mr Jouyet,

Re: your now famous pre-referendum Lyon speech, are you not aware that the term "neocons" has become a code word for "Jews"? Are you blaming the failure of EU integration on "anglo-juiverie"? What's next, freemasons? Baden Powell? Or should we build a new "Mur de l'Atlantique", maybe managed by Rommel's grandson?

Perhaps you could find a less traditional reason for EU failure, like the EU itself.

Richard Prevett

27 BA28.06.08 22:27

Voici un article très intéressant, daté du vendredi 27 juin 2008. Cet article montre qu'il y aura peut-être un référendum sur le traité de Lisbonne en Autriche. Le chancelier, actuellement au pouvoir en Autriche, est le social-démocrate Alfred Gusenbauer. Le président du Parti Social-Démocrate ( = SPO ) est Werner Faymann. Ces deux hommes viennent de se prononcer pour un référendum sur le traité de Lisbonne :

Alors que seuls 28 % des Autrichiens ont encore une opinion positive de l'Union Européenne, plus mauvais score parmi les 27 selon le dernier sondage Eurobaromètre, le chancelier Alfred Gusenbauer a souligné que l'Union Européenne devait oeuvrer en faveur d'une Europe " plus sociale " et chercher un dialogue ouvert avec ses populations. " Beaucoup de gens ont l'impression que l'UE ne s'occupe pas de leurs vrais problèmes, mais qu'elle s'occupe surtout d'elle-même ", a constaté le chancelier dans une lettre ouverte à l'éditeur du tabloïd " Kronen Zeitung ". Ce journal mène depuis de longues années une campagne anti-européenne et a ouvertement fait campagne pour un référendum sur le Traité de Lisbonne.

" Nous pensons que les modifications à venir du Traité de Lisbonne, qui touchent les intérêts des Autrichiens, doivent être décidées en Autriche par le biais d'un référendum ", écrivent le chancelier Alfred Gusenbauer et le nouveau président du SPÖ Werner Faymann dans cette missive publiée sur le site internet du Kronen Zeitung. Cet engagement vaut aussi, soulignent les deux dirigeants, pour un Traité de Lisbonne modifié si cela devait être décidé par les 27 après le rejet de la dernière version du texte par les électeurs irlandais. Et les deux hommes se sont également dits prêts à " persuader leurs partenaires (conservateurs ÖVP) de la coalition au pouvoir " de soumettre l'éventuel nouveau texte au verdict des électeurs.

http://oe1.orf.at/inforadio/92686.h...

28 merlan elisabeth29.06.08 00:37

Monsieur JOUYET,
Je vous écris suite au "non" irlandais, et également à propos de la révision de la Constitution. Car les deux sont liés.
Concernant la suite à donner au traité dit de Lisbonne, suite au "non"irlandais, pourriez vous m'expliquer pour quelles raisons, alors que vous êtes en principe respectueux du droit européen, et du droit international, ne reconnaissez pas que le traité dit de Lisbonne est juridiquement mort, comme le disent d'ailleurs les Institutions de l'UE, lesquelles parlent de "ressusciter" le traité ? (Preuve qu'il est "mort" juridiquement)
Si l'on en croit Monsieur Vedrine, peu connu pour son euro scepticisme, et grand connaisseur tant de l'UE que du droit international, tous les traités européens doivent obtenir une double unanimité (et non majorité) pour être considérés comme valides, et il est impossible, en vertu de la Convention de Vienne de 1969, qui régie les traités internationaux (et le traité de Lisbonne, en est un, selon le Conseil Constitutionnel) de revenir sur des règles adoptées par tous les contractants.
Autrement dit, et je me fis là encore aux propos de Monsieur Vedrine, mais aussi à ceux de plusieurs députés tant de la "majorité" que de "l'opposition", même si un accord était trouvé avec l'Irlande, le traité serait toujours "mort" car comme il y avait vingt sept signataires, il faut vingt sept ratifications. Un peu comme à l'ONU, ou chaque Etat à une voix, et la règle de l'unanimité étant celle qui prévaut, un seul pays peut empêcher les autres non d'avancer...Mais de violer sa personnalité juridique, c'est à dire sa souveraineté, et les conditions dans lesquels cet Etat consent à une perte de souveraineté, vis à vis du droit international.
J'entends ici et là certains parlementaires, et Chefs de Gouvernement et d'Etat, s'offusquer de voir l'Irlande capable de rendre caduc un traité. Mais à ce que je sache, ne sont ce donc pas les parlementaires de chacun des vingt sept Etats membres, qui ont décidé d'inscrire dans le traité de Rome (traité fondateur) la règle de la double unanimité?
Ne sont ce pas aussi ces mêmes parlementaires et Chefs d'Etat et de Gouvernement, qui ont fait campagne pour le "oui" au traité de Maastricht, lequel inscrivait que tout traité européen devait pour être considéré comme valide, suivre la règle de la double unanimité? Règle qui prévaut pour tout traité international?
Ne sont ce pas également les différents Gouvernements et les parlementaires, qui successivement, se sont prononcés pour le traité d'Amsterdam, et de Nice, lesquels n'inscrivaient aucun changement en la matière? Preuve que les "gouvernants"' de 27 Nations acceptaient cette règle, qui peut paraître aujourd'hui injuste, mais qui n'en a pas moins été acceptée...En France d'autant plus fortement, que les citoyens eux mêmes ce sont exprimés sur Maastricht, et ont donc entériné cette règle de la double unanimité?
N'est ce pas le Parlement national qui a ratifié la Convention de Vienne en 1969? La Convention européenne des droits et libertés fondamentales? N'est ce pas la France, qui par ailleurs, a proposé la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme...Trois textes qui engagent les Etats à respecter la Démocratie, donc le résultat d'un référendum, à oeuvrer dans un Etat de droit, c'est à dire à consentir à s’engager envers ces trois textes, pour en respecter l'essence, le fond comme le contenu?
Ces diverses ratifications parlementaires, n'étaient elles donc que des artifices?

29 merlan elisabeth29.06.08 00:42

J'ajoute qu'à l'heure où l'on examine la Constitution, en vue de la réviser, le "non" irlandais" pose évidemment la question de la pérennité de la révision constitutionnelle réalisée en février 2008.
Je pense que vous êtes quelqu'un de sensé, Monsieur JOUYET. Comment la France peut elle être cohérente, si dans sa Constitution, est inscrit un article qui rappelle qu'elle respecte le droit international (donc le droit international et européen)...Mais que dans le même temps, on trouve dans cette Constitution la révision nécessaire pour l'adoption du traité dit de Lisbonne...Lequel est considéré juridiquement mort, du point de vue dudit droit international, comme vis à vis du propre droit européen de l'UE?
Comment, conformément au traité de Nice, qui dès lors est le seul "valide", l'UE pourrait elle "respecter l'identité de ses Etats membres" (donc les Constitutions nationales), et les parlementaires Français considérer la France crédible sur le plan international et européen, si à la première occasion, l'UE et la France, violent les traités de Maastricht, de Rome, de Nice, de Amsterdam...Par confort personnel?
Pensez vous sincèrement que les citoyens et "l'élite" vont retrouver un lien, si l'UE qui prétend défendre hautement la Démocratie, et le Droit...Stigmatise la première (un référendum, comme une élection, c'est un acte politique. Il n'a pas à être "jugé". Et encore moins sanctionné!) Et viole le deuxième?
A l'heure actuelle, la seule règle qui régit les traités européens c'est celle de la double unanimité : comme le dit Andrew Duff, spécialiste des questions institutionnelles "le traité de Lisbonne a été signé par vingt sept Etats, il doit être ratifié par ces vingt sept...Et pas un de moins" (y compris si ledit Etat ne fait que 1% de la population européenne. Là n'est pas la question...Puisque ce ne sont pas des citoyens qui signent et ratifient un accord...Mais des Etats (donc vingt sept souverainetés) qui s'accordent sur un traité.)
En effet, la seule manière pour sortir du système de l'unanimité, ce serait...D'obtenir l'unanimité pour en sortir. Croyez vous la République Tchèque, l'Angleterre, l'Irlande, etc. assez stupides pour se départir de leur souveraineté? De leur pouvoir constituant ?
D'ailleurs, même si on obtenait une double unanimité pour introduire un système à la majorité qualifiée (ce qui n'est pas gagné d'avance, car il faudrait obtenir une ratification par le pouvoir constituant soit dérivé (Parlement) soit originaire (Peuple), qui dans un cas comme dans l'autre sera généralement hostile à ce qu'on remette en cause ce qui est tout de même la souveraineté nationale !) ...Celui ci, conformément à la Convention de Vienne de 1969 (ratifiée par la France), qui interdit la rétroactivité des règles en matière de traités. Autrement dit, quand des Etats s'engagent sur un traité qui introduit un mode de fonctionnement, ils ne peuvent, au cours de la procédure d'adoption, de signature, et de ratification dudit traité...En modifier les règles ! Ce qui explique la caducité juridique du traité de Lisbonne.
Je rappelle qu'en principe, les Institutions de l'UE sont censés respecter le propre droit européen dont elles sont les initiatrices (Commission), les "législatrices" (Conseil des Ministres et Parlement européen) !
D'autant que sur le plan national, le Président, en France, est censé garantir les traités ! C'est à dire faire prévaloir, en tant que garant de la Constitution, laquelle reconnaît les engagements de la France vis à vis du droit international et européen, le respect du traité sur le fonctionnement sur l'UE et celui sur l'UE...Lesquels traités posent comme condition de validité des traités, une validité nécessaire pour leur mise en oeuvre, la règle de la double unanimité.
En tant qu'européen convaincu, pouvez vous, Monsieur, prendre le parti de violer les traités, et la Constitution? Car quand le Président fait "preuve de manquement à ses devoirs (lesquels sont précisés dans l'article 5 de la Constitution), dans l'exercice de ses fonctions" (une disposition là encore ratifiée par le Parlement) qu'est ce sinon, donner à l'Exécutif le droit de s'affranchir de la règle commune "les Hommes sont et demeurent libres et égaux en droit" (article 1 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen), "la Loi doit être la même pour tous, qu'elle protège ou qu'elle punisse" (article 6 de la Constitution) ?
Ai je précisé que depuis l'avis du Conseil Constitutionnel, en 1971 (si mes souvenirs sont bons)...Le préambule de la Constitution a une valeur contraignante pour le législateur, et le constituant dérivé qu'est le Parlement?
Or, que dit clairement l'article 16 de la Déclaration...Sinon que la France (il ne s'agit pas ici d'un régime politique, mais du pays lui même) ne reconnaît comme légitime que ceux qui respectent les Droits de la Déclaration et la séparation des pouvoirs (selon la définition qu'en donne Montesquieu dans "l'Esprit des Lois")? Et que dès lors qu'un régime politique ne respecterait ni l'une ni l'autre...La France n'a plus de Constitution...Ce qui rend ipso facto les Droits inscrits dans la Déclaration "inaliénables" c'est à dire non révisables?
En vertu de quel principe républicain, respectueux de cet article, peut on considérer que des "gouvernants" seraient au dessus de la Loi?
Et pire, que des parlementaires, nécessairement engagés par la législation de leurs prédécesseurs (conformément à la règle des pré établis) pourraient violer les règles de révision approuvées par tous, et inscrites dans des traités ratifiés par le pouvoir constituant dans chaque Etat...Y compris par le pouvoir constituant dérivé actuel, lequel n'a - à ce que je sache - pas remis en cause le traité sur l'UE et celui sur le fonctionnement de l'UE?

30 merlan elisabeth29.06.08 00:46

Par respect envers la Loi (dont la première est évidemment la Constitution), envers vos prédécesseurs, envers la France, l'UE, et le Monde (l'ONU notamment) le Ministre que vous êtes, qui doit servir la France, et donc respecter son Peuple, et la Constitution, pourrait il demander à ce que l'Assemblée, comme le Sénat, examinent les conséquences du "non" irlandais, non sur le plan de la frustration des "élites", ou sur le plan politique, mais sur le plan juridique, c'est à dire en relation avec le respect de la Constitution, et donc du droit international, lequel est protégé par la garantie que lui assure la Constitution d'être respectée.
Si vous êtes respectueux de celle ci, merci dès lors, de bien vouloir demander au Gouvernement et à votre parti, après l'avoir fait vous même, de considérer caduc un traité qui l'est effectivement.
Et ceci fait, de réclamer dès lors que le Parlement prenne les décisions normales d'un pouvoir constituant, qui prend acte qu'un traité est caduc : l'effacement de la révision constitutionnelle de février 2008, laquelle n'a plus de valeur juridique, puisque (comme en 2005) la règle de la double unanimité annule tous les votes, remettant à zéro les compteurs.
Avant de réviser la Constitution, il convient en effet de redonner à celle ci sa cohérence, en garantissant au droit international sa supériorité sur le droit national, conformément aux dispositions du préambule de 46, et au droit européen sa supériorité sur le droit national, conformément à une décision de la Cour de Justice Européenne des Droits de l'Homme, datant, il me semble de 1974.
Le seul moyen pour ce faire, c'est donc de supprimer les articles rajoutés à la Constitution, en vue de l'adoption du traité de Lisbonne, lequel, on l'a dit, est juridiquement "mort", c'est à dire contraire à la Constitution, puisque celle ci estime que les traités européens ne sont valides que lorsqu'ils répondent à la règle de la double unanimité, ce qui n'est pas le cas dudit traité.
Enfin, parce qu'il faut tout de même sortir l'UE de l'ornière, au lieu d'aller demander aux Irlandais de se dédire, en les prenant pour des "pauvres cons" qui n'auraient rien compris aux traités, ne serait il pas possible de faire, concrètement, ce qu'ont fait les "députés" de la première Assemblée Nationale : déclarer l'ouverture d'une Assemblée Constituante?
Ce qui s'est fait à plusieurs reprises en France, doit être possible à mettre en place au niveau européen.
Au lieu d'un mandat à la proportionnel, on pourrait reprendre le système "majoritaire" qui permettrait aux citoyens de s'identifier à ceux qu'ils '"envoient" au niveau européen, pour y rédiger un projet.
Chaque Nation, sur le mode régissant les "circonscriptions" en France par ex, enverrait en effet des "députés'" pour la représenter, au niveau européen.
Ces "députés" seraient investis d'un pouvoir "constituant" c'est à dire qu'ils auraient à rédiger un texte clair, lisible, compréhensible, de trente pages maximum, relatif à l'organisation institutionnelle de l'UE.
Les "députés'" en question, laissent les citoyens suivre leur travaux pendant six mois, invitant ces derniers d'ailleurs à formuler des propositions que les "députés" examineront.
Au bout de six mois de travail, et l'invitation des médias nationaux pendant tout le processus, les "députés" présentent un "premier jet"...Qui est examiné par les européens.
Les citoyens ont deux mois pour émettre des critiques, sur le "premier jet". A l'issue de ces deux mois, l'Assemblée Constituante propose un texte, qui sera présenté à chaque Parlement national, et chaque Chef de Gouvernement et d'Etat.
Lesdits parlementaires et Exécutifs, ont donc le "texte consolidé" à leur disposition.
La phase II commence. Le texte est envoyé à chaque citoyen de l'Union, lequel est appelé à ratifier le texte...Le même jour.
Cette ratification référendaire se fera dans les six mois à venir. C'est à dire qu'il y a six mois qui sont consacrés à l'explication du traité, à son examen par les citoyens (lesquels pourraient suivre les travaux des Parlements nationaux, étudiant la version définitive proposée par l'Assemblée Constituante)
Au bout des six mois, les citoyens se prononcent.
Je suis certaine qu'avec une telle méthode, on aurait 27 oui référendaires !
On ne peut pas continuer à dire "ce traité est le meilleur" faisons le passer en force. Et inventons une usine à gaz pour l'Irlande ! ...Qui ne résout rien à la caducité du traité.
Avouons clairement une ambition réelle, claire, et légitime : l'adhésion populaire à l'UE. Ne serait ce pas une bonne chose à faire ?

31 merlan elisabeth29.06.08 00:50

Le grand défi à résoudre, c'est en premier lieu ce qu'on appelle pieusement le "déficit démocratique". En faisant élire par les citoyens des représentants se réunissant en "Assemblée Constituante" chargée de réaliser un traité de 30 pages grand maximum, on aurait déjà un grand espoir européen.

En donnant aux citoyens la possibilité de mieux connaître l'UE, en faisant participer les "européens" aux travaux de l'Assemblée Constituante, et en leur permettant de '"faire leur" (c'est très important) le travail des "députés", en faisant en sorte de médiatiser cet événement (ce qui ne devrait pas être dur, si l’on affirme que les 27 feront ratifier le texte par le Peuple), cela créerait un climat de débats extrêmement favorables à l'UE, enfin débarrasser du reproche "technocratique".

En proposant une information sur six mois, sur le traité définitif; en donnant à tous les parlementaires et Chef de Gouvernement ou d'Etat, la possibilité de soutenir ou non le traité en connaissance de cause (et non pas uniquement par réflexe disciplinaire : franchement, dites moi, qui a "lu" le TCE? Et le traité dit de Lisbonne…Dans les Parlements nationaux? Personne. Et c'est bien normal.)

Comment, sincèrement, un parlementaire, ou un Chef d'Etat ou de Gouvernement, pourrait il défendre un texte, face à des opposants...S'il ne connaît ni la teneur des engagements que ce traité implique? Comment défendre quelque chose qu'on ne connaît pas?

Les citoyens, on le sait, ne nient pas au Parlement le droit de s'exprimer sur un texte. En revanche, il y a évidemment un manque de crédibilité du Parlement...Puisque les parlementaires sont toujours perçus, à tort ou à raison, comme des "godillots". Comment voulez vous que la confiance existe dans ces conditions?

Et quand un Peuple dit "non" à 53% alors que ses "représentants" disent "oui" à 85%, au lieu de se demander s'il faut dissoudre le Peuple, ne conviendrait il plutôt de se demander pour quelle raison censée (autre que la question disciplinaire de parti, ou l'idéologie) le "représentant" n'est pas en phase avec son mandataire?

Il ne faut pas jouer à l'Inquisition. Ni confondre un "non" au projet européen, à l'UE...Avec un "non" à l'idée européenne, à l'Europe.

Il y a de cela quelques siècles, un certain Luther et un autre, Calvin, écrivirent une nouvelle doctrine de la Foi, qu'on appela la "Réforme". Luther et Calvin étaient des chrétiens fervents. Ils aimaient le Christ, et se reconnaissaient en son message. Ce qu'ils stigmatisaient en revanche, et à raison, c'est la contradiction entre les principes moraux issus de la pensée christique...Et les actes de "l'organisation" chargée de promouvoir la "Bonne Nouvelle".

Que disaient ils? Que l'Eglise prêchait la modestie, et la fraternité...Mais que quand les Monarchies requéraient un "don" de l'Eglise pour aider le pays, celle ci le leur refusait, et que par ailleurs en guise de modestie, les grands prélats de l'Eglise affichaient un luxe ostentatoire, à commencer par le Pape.

Que disaient ils? Que l'Eglise invitait à rechercher le Christ, et souscrivait au principe que le Fils de Dieu avait racheté l'âme des Hommes. Mais c'est cette même Eglise, qui au nom du Christ invitaient à tuer son prochain, à acheter des "indulgences", et à vivre dans le péché, par son mauvais exemple.

Que disaient ils? Que l'Eglise prêchait la tolérance, et l'amour...Mais que dans le même temps, elle se dotait d'un outil précieux et terrible - le bras séculier - et donc l'Inquisition.

Que disaient ils? Que l'Eglise rappelait à tout un chacun que Jésus n'avait jamais eu l'intention d'être "roi de ce monde", c'est à dire d'avoir un pouvoir temporel...Mais que dans le même temps, l'Eglise, elle, s'en adjugeait un...Alors même que les Rois, représentants de Dieu lui même, n'avaient de rendre compte qu'au Seigneur...Et non au Pape, quand bien même celui ci serait le représentant de Dieu sur Terre.

Avaient ils tort de dénoncer non la Chrétienté, non le message christique, mais bien l'Eglise, c'est à dire celle qui s'autoproclamait l'incarnation même du message christique, qu'elle violait dans son fonctionnement?

On pourrait en dire autant avec les Lumières. Ceux ci n'ont jamais combattu la Monarchie. Ce qu'ils dénonçaient, c'était les excès de ce régime politique, l'absence de contre pouvoirs, la "tour d'ivoire" des "gouvernants". Même si aujourd'hui la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen semble toute "républicaine", l'article 16 suffit à montrer que le but des Lumières, dont l'influence est considérable, n'était pas de rejeter le système monarchique (que personne ne souhaitait remettre en cause, bien au contraire...C'est "l'impuissance" du roi qui était dénoncé, par les Français), mais les régimes politiques qui ne respecteraient pas une règle de séparation des pouvoirs visant à éviter les excès en tout genre, et à garantir aux "citoyens" des droits inaliénables engageant donc les élus (même représentant de Dieu) vis à vis de leur Peuple.

Les citoyens de 1789 s'emparant de la Bastille, ceux de 1790 qui applaudissent la fête de la confédération, sont des partisans profonds de la Monarchie, et à la fin des années 1790, Louis XVI a déjà repris sa popularité à Paris ! Le "Père du Peuple" de la première heure, est de nouveau celui en qui on fonde tous les espoirs. D'autant que c'est bon, la France a une stabilité du régime : elle a un "Dauphin" plus qu'idolâtré.

Ce qui va frapper la Monarchie au cœur, c'est la fuite à Varennes. A cause de cet événement, les Français ne pourront jamais plus faire confiance à un roi d'Ancien Régime.

Ce qui va frapper l'Eglise, et favoriser l'ampleur de la Réforme, puis conduire à une séparation de l'Eglise et de l'Etat, en France, c'est la répression toute azimut de la « religion réformée ». C'est surtout la "trahison" du Clergé, à l'égard du Peuple, qui vient de trouver sa Liberté, et qui voit ceux qu'il croyait ses défenseurs, comploter une "contre Révolution".

Que l'UE ne commette pas cette erreur, qui consiste à "passer en force", à se "radicaliser". Si la structure n'est pas bonne, ne convient il pas de la réformer, plutôt que de mettre en péril l'idée européenne?

Qu'elle écoute les Peuples. Qu'elle écoute les critiques, et pas simplement les flatteries. Qu'elle leur redonne du pouvoir sur elle, en donnant à des représentants élus, qui sitôt leurs travaux finis démissionneront. Qu'elle leur donne le moyen de peser sur leur destinée, en procédant à des référendums.

Les partis politiques sont capables de mettre en place un système pour défendre leur programme politique...Mais l'UE en serait incapable?

Les candidats aux élections sont capables d'aller à la rencontre des Français, de faire des débats citoyens, d'écouter, de rajouter ou d'enlever des choses à leur projet...Et l'UE en serait incapable?

La Déclaration des Droits de l'Homme a été connue dans le Royaume deux jours après sa rédaction ! Et l'UE, qui a plus de moyens de communication que Louis XVI est incapable de faire connaître ses traités? De favoriser le débat?

C'est une plaisanterie? Il y a possibilité de favoriser un lien véritable des citoyens pour l'UE.

Pourquoi ne le fait on pas?

32 naiko29.06.08 20:00

Le vrai étonnement à avoir, c'est que les rédacteurs du Traité de Lisbonne n'aient pas expressément repris la disposition qui figurait dans le traité constitutionnel et qui prévoyait qu'au cas où l'un des Etats membres n'avait pas ratifié, les autres se...réunissaient pour décider de la conduite à tenir! C'était peu certes, mais déjà un début de procédure. Or lorsqu'on a négocié Lisbonne, on a réexaminé le traité constitutionnel article par article. Cet article n'a donc pas été oublié par inadvertance. Non, "on" a décidé de le supprimer...Comme les diplomates ne sont pas des imbéciles, c'est en parfaite connaissance de cause qu'ils ont privé leurs gouvernements d'une telle clause (qui ne plait pas du tout à la "techno-structure bruxelloise, toujours hostile par principe aux démarches "à part"). Et ceci après le précédent du rejet par la France et les Pays-Bas! Techniquement, cela ne posait aucune difficulté de rajouter ou plutôt de laisser cette disposition. Il serait intéressant de savoir quel est l'Etat (ou les Etats) qui a (ont) souhaité désarmer ainsi l'UE, en cas de non ratfication par tous,. hypothèse statistiquement de plus en plus vraisemblable...

33 BA29.06.08 22:07

Dimanche 29 juin 2008, sur le site du journal Ouest-France :

Sondage : les Français peu confiants dans l'Europe.

Alors que notre pays prend mardi 1er juillet la présidence de l'Union Européenne, les Français doutent plus que d'autres des bienfaits de la construction européenne, selon un sondage BVA.

Pour un Français sur trois, l'Europe est une source de crainte. Parmi les Vingt-Sept, nous sommes l'un des peuples les plus inquiets. À en croire l'Eurobaromètre de printemps, même les Irlandais, un mois avant de dire « non » au traité de Lisbonne, étaient 65 % à avoir une image positive de l'Union. Nous ne sommes que 30 % à y puiser de l'espoir, soit moitié moins qu'il y a cinq ans (61 %). Le sentiment des Français à l'égard de la construction européenne s'est considérablement dégradé.

Au moment où notre pays prend la présidence de l'Europe, les résultats de notre sondage sont « politiquement dévastateurs », selon Jérôme de Sainte-Marie, consultant de BVA opinion.

Il semble que la perception des effets de la mondialisation sur la situation personnelle des personnes interrogées soit un critère fort de différenciation. Ainsi, 13 % seulement des ouvriers voient une chance dans la construction européenne, contre 49 % des cadres supérieurs.

http://www.ouest-france.fr/Sondage-...

Je sais bien que ça ne plaît pas à tout le monde sur ce blog, mais il faut peut-être prendre Jean-Michel Aphatie au sérieux : il y a quelques jours, sur son blog Jean-Michel Aphatie écrivait une chronique intitulée « Europe, une idée morte ».

Qu'on le veuille ou non, qu'on s'en félicite ou qu'on le déplore : en France, l'idée européenne est morte.

34 Marc30.06.08 01:11

MARRE !

3 ans après 2 NON cuisants le discours est toujours le même: dès lors qu'ils ont voté NON les gens n'ont rien compris ou ils ont voté pour des raisons diverses et variées mais autres; c'est tout? votre argumentation ne va pas plus loin que le dénigrement de ceux qui s'opposent à votre volonté?

Quand allez-vous faire preuve d'un peu moins de suffisance et de plus d'humilité et vous enquérir enfin auprès des peuples, qui vous semblez l'oublier sont SOUVERAINS comment ils imaginent l'Europe, EUX ?

Les croyez vous si ignares pour penser qu'il n'est nul besoin de leur poser de questions et qu'il faut leur montrer le chemin? vous êtes qui pour prétendre imposer vos vues, fussent-elles justes d'ailleurs, à vos concitoyens ou à d'autres, sans leur faire la politesse de leur demander ce qu'ils veulent? le Messie, le Duce, Staline ou Mao? Vous entendre parler de démocratie quand en 3 ans vous vous êtes arrangé (vous et ceux qui pensent comme vous) pour ignorer le problème et trouver des voies pour le contourner me fait grincer des dents.

Ne vous tenez pas pour démocrate si vous n'avez pas le respect du résultat des urnes.

Ce n'est pas d'Europe que les gens ont assez, c'est de la méthode, la vôtre, indéfinie et incontrôlée voire incontrôlable.

Mondialisation ou pas, globalisation ou pas, il vaut certainement mieux marquer le pas et réfléchir à ce que veulent vivre et ne pas vivre en commun les peuples de l'Europe plutôt que se précipiter et faire un machin sans âme qui ne tiendra pas aux tensions internes que cette absence de projet a déjà créées et qu'elles créera encore. Et comptez bien sur les grands blocs externes pour mettre la pression pour que cela implose. Vous avez, que vous le vouliez ou non, besoin de nous et pas seulement quand parfois vous vous présentez au couperet des urnes, mais après, quand vous avez à nous respecter au sortir des urnes.

N'oubliez pas que vous devez servir NON PAS CEUX QUI N'AIMENT PAS LA FRANCE...MAIS LA FRANCE (C'est à dire son Peuple ! C'est lui qui vous paye, qui finance vos voyages, votre nouriture et votre logement).

Pensez-y: il y a plus de fusils que de fourches de nos jours!

35 republicain30.06.08 09:57

Vous voulez construite l'Europe en niant les Etat-Nation, les peuple et en leur volant leur souveraineté pour la donner au lobbys industriels et financier. Cela ne marchera jamais.

36 republicain30.06.08 10:00

excellent post de Marc au n° 32...

J'espère que ça vous fera réfléchir un peu..

37 carole30.06.08 12:05

Monsieur Jouyet, pourriez vous cesser, vous et vos "amis" de dire que si les Irlandais ne ratifient pas le traité de Lisbonne, à cause d'eux on reviendra au traité de Nice !

ce sont les Irlandais (seul pays, entre parenthèse, à avoir été consulté sur le sujet) qui ont rejetté le Traité de Nice. Il est donc malhonnête de faire croire qu'à cause d'eux, on revient au Traité de Nice. C'est au contraire parce qu'on leur a forcé la main, en les refaisant voter sur le même texte, qu'on en est au Traité de Nice.

Le cas du Danemark en 92 n'est pas similaire : d'une part, parce que le Danemark n'était pas le seul pays à se prononcer par référendum. D'autre part, parce que si vous retirez l'euro du Traité de Maastricht, vous le modifiez substantiellement. On peut être pour ou contre cette modification, mais sur le fond, ce n'est pas la même chose.

En revanche, faire revoter deux fois les gens sur le même texte (parce que c'était le même Traité , malgré la micro-dérogation accordée aux Irlandais), voilà qui est anti-démocratique !

L'Union est devenu un paravent politique et vos fameux compromis ne plaisent à personne car ils ne représentent plus qu'un cercle réduit de politiques et leur cour.

Organisons un referendum paneuropéen et nous verrons si les nonistes sont isolés. Je suis tout à fait prêt à accepter la réponse, d'autant plus que si un referendum paneuropéen était organisé, ce serait une marque de l'apparition d'un espace politique européen réel.

Pour finir regardez la situation sociale de ceux qui votent non, pour la majorité (pour un membre de Libertas, combien de gens dans la difficulté ?)Je ne sais plus qui disait l'autre jour que le niveau d'étude s'élevant on se dirige plus facilement vers le oui. C'est un leurre, c'est l'appartenance socio-professionnelle qui fait le vote (bien entendu le niveau d'étude va souvent de pair avec une bonne situation, une bonne intégration socio-éconmique. Ceux pour qui tout va bien sont donc pour cette Europe).

Et puis franchement, c'est quoi ces arguments bidons? Pas de Lisbonne, apparition des ténèbres et plongée vers l'enfer, destruction de l'Union ? Ce ne serait pas un peu jouer sur la peur des gens ?

Et on ose dire que ce sont les partisans du "non" qui en font des tonnes?

Je suis européenne, mais faut tout de même arrêter de se moquer des gens !

38 x.delcourt30.06.08 12:22

Tiens, les métaphysiciens du droit et les sans-culotte sont de sortie. La France éternelle en quelque sorte.
Bon, Jean-Pierre Jouyet, et si au lieu de nous fabriquer un nouvel agenda social dans les termes de Lisbonne la présidence française lançait un vrai travail -un chantier de construction- sur le concept de solidarité dans l'Union ?

39 Charles30.06.08 12:23

Les règles de l'europe ne sont elles pas censées être choisies en concertation entre européens?
Les irlandais font partie de l'union. J'ai loupé un chapitre ou il n'a jamais été question dans l'intitulé du referedum irlandais de quitter l'union, mais seulement d'accepter OU NON les nouvelles règles que les européens se proposent pour gouverner l'union?
N'est-il pas correct que si une partie des européens déjà partie prenante de l'union refuse les nouvelles règles, on les remettent sur l'établi pour en définir des qui conviennent à tous?
C'est trop long?
C'est trop fastidieux?
Où se trouve l'assemblée constituante élue pour être une assemblée constituante (et non nommée par les parlements nationaux)? Quand a eu lieu LE référendum constitutionnel organisé simultanément dans toute l'Union?

vous trouvez que c'est responsable de s'asseoir sur la règle qui veut qu'un traité ne rentre qu'en vigueur une fois ratifié par tous les pays membres sans exception ? Juridiquement parlant ?

Votre position est indéfendable sur le principe vous le savez bien.

Le referendum portait sur un traité pas sur l'appartenance à l'Union. La prochaine fois, vous n'aurez qu'à contribuer à ce que le processus de ratification ne nécessite pas l'unanimité...

Est-ce que vous mesurez bien les conséquences de cette attitude pour l'image qu'on les gens non pas de l'Europe mais de ses institutions ? Elles sont catastrophiques et ne nourrissent que les opposants, qui se radicalisent et les indifférents, qui deviennent de plus en plus imperméables.

Tout cela devient absurde et je me demande réellement parfois si le souhait des européistes des cercles bruxellois n'est pas d'effacer définitivement la politique de la scène européenne, au profit d'un pragmatisme juridico-économique censer garantir une certaine paix. Si tel est le cas et j'ai déjà eu l'occasion de le dire, c'est soit de l'autisme, soit du cynisme pur (la question sociale étant évacuée purement et simplement)...Parole d'irresponsable et de penseur du rien il va sans dire...

40 christine30.06.08 14:53

Dans son billet du Figaro-Magazine de ce week-end, Eric Zemmour attribue cette citation à Jacques Delors. Voici le texte complet de la formule, que l'on trouve dans les mémoires de l'ancien président de la Commission :

Je connais les mérites, mais aussi les limites, de la méthode des pères fondateurs, une sorte de doux despotisme éclairé. Une méthode saint-simonienne qui consacre la compétence et l’indépendance d’esprit comme principe de légitimité, sans toujours s’assurer à l’avance du consentement des peuples. (…) Cette méthode Monnet se justifiait au début de l’aventure. Mais, n’ayons pas peur de le dire, cette politique – semi-clandestine – n’est plus possible et le moment est venu de rompre avec la méthode des pères fondateurs.

On sait ce qu'il en est : depuis la publication de ce texte en 2004, l'UE se braque dans une démarche de plus en plus autoritaire.

Zemmour décrit par ailleurs bien l'impasse politique actuelle :

Le grand combat politique des vingt dernières années entre fédéralistes et souverainistes s'achève dans un champ de ruines. Tous perdants. [...] Ne restent que des européistes sans le peuple et des eurosceptiques sans le pouvoir.

De Fausto Carioti dans les colonnes du quotidien italien Libero le 14 juin :

"Les électeurs européens se divisent en deux catégories : ceux qui ont rejeté les traités européens et ceux à qui il a été interdit de le faire".

Ces deux constats, de personnalités qui ne sont pas le moins du monde opposées à l'UE mais qui aiment assez la Démocratie pour la respecter, exigent que les "gouvernants" européens REFLECHISSENT un PEU...Au lieu de s'arrêter à l'idée idiote qu'il faudrait faire revoter l'Irlande...Comme si par miracle soudain, l'UE allait devenir "démocratique" et sortir d'une crise beaucoup plus grave que celle institutionnelle : une crise de légitimité.

Je crois savoir, Monsieur Jouyet que vous aimez l'Europe, c'est à dire l'idée européenne. Je l'aime aussi.

D'où ma question : que souhaitez vous? Vous faire grand Inquisiteur de l'UE? Ou bien comprendre qu'on peut aimer l'UE...Sans adhérer à un traité volontairement illisible?

Il y a une chose que je trouve frappante chez tous les "dirigeants européens" : l'oubli des leçons du passé.

L'Europe est une idée qui a traversé les siècles. Mais c'est une idée qui n'a pas pu s'achever.

Pourquoi? Parce les "politiques" systématiquement, ne tiennet pas compte des leçons du passé.

Première erreur, commise à tous les coups : l'élargissement, la recherche d'une taille maximale.

Les problèmes qu'affrontent l'UE aujourd'hui, sont les mêmes que ceux qu'affrontèrent les Empereurs romains, Charlemagne, Napoléon, Hitler.

Au départ, qu'est ce que "Rome"? C'est une République. Puis, elle augmente de taille avec les "conquêtes", notamment celle de la Gaule. D'où nécessité d'un Empire".

Au départ, qu'est ce que la "Francia occidental"? L'Ile de France ! Puis, par voeu de conquête, Charlemagne, comme l'avait fait Clovis, construit un "Empire".

Même chose avec Napoléon, partisan (au départ) d'un système "decentralisé" et qui finalement va emboiter le pas de "l'Empire".

Hitler commettra la même erreur. Nécessité d'un "Empire".

Et qu'entend t on aujourd'hui, dans la bouche des principaux dirigeants européens, sinon que l'UE est un "Empire" qui se serrait fait sans coup d'Etat?

Si l'on en croit l'Histoire, quand commence l'idée de l'Empire, c'est à ce moment là que tout commence à dysfonctionner.

Pourquoi? Parce que l'idée européenne, c'est un peu comme la Révolution française. Au départ, c'est une bonne idée...Qui finit par être complètement dénaturée. Ainsi, ceux qui espéraient en Napoléon le "fils de la Révolution" furent au final bien déçu.

Deuxième erreur : l'absence du soutien populaire

Troisième erreur : la pensée unique.

Je vous laisse lire l'Histoire de France, sinon du monde. Quels sont les régimes qui durent...Ceux soutenus par les citoyens.

Je rappelle à cet égard que dire que l'UE fait envie à l'extérieur, mais pas à l'intérieur, démontre la force de l'UE est une ineptie. Pourquoi? Parce que là encore, l'Histoire nous apprend que par définition l"Homme est toujours tenté d'aller voir si l'herbe du pré de son voisin est plus verte que celle de son propre pré. Et que on a aussi dit, jadis, que l'URSS était un 'rêve"! Que le III Reich il fallait absolument le soutenir par ce que "l'idée européenne est portée par ce régime" ! Napoléon était peut être l"'ogre" en Angleterre, cela n'en a pas empêché certains de ses plus fervents adversaires de dresser de lui ce portrait étonnant "c'est l'homme qui a rassemblé l'Europe. Avec lui nous avons la paix!" Le problème, c'est que la plupart des compliments élogieux viennent souvent d'auteurs qui ne savaient de Napoléon que ce qu'en disait la "rumeur". Ainsi, si l'on en croit certains diplomates de l'époque, à commencer par un certain Talleyrand, "Je m'étonnais profondément de la crainte que nous inspirions. La France passait auprès de l'étranger, et de l'Europe, pour invicible." et plus loin "la situation de la France était pourtant délicate. Si notre armée faisait merveille, les Français souffraient beaucoup".

A bien y regarder, la seule vraie réussite "européenne" c'est la Chrétienté..Même s'il faut souligner les aspects négatifs de celle ci.

A cela, plusieurs explications.

1) L'Eglise est une construction à la fois hiérarchisée et décentralisée.

Indéniablement, le premier atout de l'Eglise, ce qui explique sa réussite, c'est son organisation. Au sommet de l'ordre de l'Eglise : le Pape. Ensuite, les cardinaux. Puis, ce qu'on pourrait appeler les "fonctionnaires" de Dieu : les évêques, prêtres, curés, moines, etc.

Cette organisation de l'Eglise permet de lui donner un "visage" en la personne du moine ou du prêtre, lequel est "chapeauté" par sa hiérarchie.

Bien que le Pape prenne les décisions importantes, il est surtout l'interlocuteur des Princes. Les "fonctionnaires" de l'Eglise, vont "démocratiser" l'accès à Dieu, en allant à la rencontre des peuples.

Quand sous la III République, Jules Ferry voudra instaurer l'école de la République, et en faire l'outil pour "républicaniser" le Peuple Français, il reprendra "l'idée" de l'Eglise, en utilisant les "hussards noirs" comme jadis l'Eglise utilisa les moines et prêtres pour "christianiser" la France, et les autres pays.

Il faut d'ailleurs rappeler que l'Ecole de la République, est largement inspiré des travaux de...Talleyrand, qui au moment de la Révolution, proposa de créer un "corps de fonctionnaires" chargé d'instruire le peuple. Etant lui même représentant du Clergé, il ne pouvait ignorer de quelle manière, l'Eglise avait conquis l'Europe.

2) Le soutien populaire

Contrairement aux autres ensembles économico politique, ayant eu le désir de créer une Europe unie, mais n'y réussissant pas, la Chrétienté présente, en dépit de multiples critiques à son encontre, le plus stable essai pour établir l'idée européenne.

Cette stabilité est largement due au soutien populaire, activement recherchée par l'Eglise, dans un but de se "légitimer" aux yeux des "fidèles", et de remplir ainsi sa mission d'annoncer la "Bonne Nouvelle", mais c'est aussi un moyen de faire contre poids à l'arrivée de la puissance monarchique, qui fait suite à l'Empire romain.

Sans ce soutien populaire, pour quelle raison Clovis se serait il fait baptiser? Et Charlemagne pareillement? L'un et l'autre avait compris que pour installer leur domination sur l'ancienne Gaule Chevelue, il convenait de faire alliance avec un système ayant le soutien manifeste des populations : l'Eglise.

L'Eglise pour être "acceptée" a compris qu'elle ne pourrait pas imposer des nouvelles croyances. Elle a donc pris en compte "l'existant" pour y substiliser la religion chrétienne. Ainsi, pour "remplacer" les dieux grecs ou romains, a t il été nécessaire "d'inventer" les saints, pour rivaliser avec le culte de la féminité, introduire Marie comme personnage centrale, etc,

Dans le même temps, l'Eglise a installé ses "églises" sur des lieux hautement symboliques. Et a laissé les fidèles, pendant les premiers siècles prier à la fois la Vierge Marie, Mirtha, le Dieu de la forêt, etc.

Mais cette manière de pousser la religion chrétienne, l'air de rien, n'aurait pu permettre un tel succès de l'idée christique, si l"Eglise n'avait pas recherché, une autre manière, d'obtenir l'adhésion des peuples.

Premièrement, l'Eglise a compris l'importance de la paix. Dans un monde guerrier, les 99% de la population européenne, était évidemment remontée contre les guerres, les conflits, qui les empêchaient notamment de manger, ou de cultiver.

Qu'a fait l'Eglise? Forte de son poids "politique" (pour être "accepté" comme roi, il fallait être chrétien) et "spirituel", elle a donné au monde chrétien la "paix de Dieu'", c'est à dire qu'elle a interdit à la noblesse de se battre le dimanche...En se basant que Dieu s'était reposé ce jour là, selon la Génèse.

Mieux, "inventant" rapidement un calendrier des fêtes chrétiennes, fondées principalement sur le suvi plus ou moins correct des anciennes dates des fêtes paiennes, l'Eglise a imposé la Trève de Dieu, c'est à dire qu'elle a interdit, sous peine d'être excommunié, à quiconque de faire la guerre à son prochain pendant les jours de fêtes;

Et voilà comment on contente 99% de la population !

Constatant par la suite combien la noblesse était arrogante à l'égard de la majorité de la population, c'est encore l'Eglise qui a inventé l'idéal chevaleresque, en finançant notamment des "romanciers" comme Chrétien de Troyes", des troubadours (comme Guillaume d'Aquitaine, père de la fameuse Aliénor d'Aquitaine femme de Henri Plantagénêt et mère de Richard Coeur de Lion). Alors que dans la société s'installait "l'amour courtois", les chevaliers se rallièrent rapidement au voeu de l'Eglise, et d'une large partie de la population chrétienne.

Comment l'Eglise aurait elle pu ne pas être populaire, elle qui proposait de faire des chevaliers des hommes vertueux et des défenseurs de la Foi?

Troisième dommaine où l'Eglise "s'inscrusta" : le social. Dans un monde où dès votre naissance votre sort était déterminé, où la sécurité sociale n'existait pas, l'Eglise était la seule à assurer une mission "sociale" : hopitaux, soin des enfants, "instruction" (morale) des enfants, etc.

Autrement dit, l'Eglise servait "d'Etat Providence" a minima, et dès lors avait une très forte utilité pour les populations européennes.

Si l'on rajoute à cela que le Pape servait de "médiateur" officiel, de la paix, auprès des Royaumes belligerants", la paix étant le "miracle" attendu par toutes les populations (un mariage princier étant d'ailleurs souvent l'occasion de nouer deux notions : la paix et la fertilité retrouvée du Royaume) il est évident que l'Eglise était profondément soutenue.

3) Le Christ

Sans un certain Jésus de Nazareth, l'Eglise n'aurait pu exister. C'est cet être (homme ou Dieu, sinon les deux) qui a permis de donner à la civilisation européenne un "code moral" à la base, encore aujourd'hui, de l'extraordinaire homogénéité de l'UE. Si le christianisme n'a pas l'Europe, si d'autres religions ont eu un impact sur l'Europe, le rôle déterminant joué par le message christique, sur "l'identité" européenne est fondamentale. Le Christ a réuni des populations très différentes dans un idéal commun...Comme plus tard, ses principes repris dans la Déclaration des Droits de l'Homme...Retrouveront une portée universelle.

Révolutionnaire pour son époque, le message christique, est toujours aussi moderne aujourd'hui qu'hier. Il est la base même de la culture européenne, il a influencé considérablement les comportements des "européens", il a transformé totalement la vision "paienne" des débuts, pour fonder un message universaliste.

C'est la pertinence de ce message, l'espoir qu'il a toujours suscité, et qu'il continue de susciter, qui est aussi l'atout majeur de l'Eglise.

Si l'UE veut être "durable" il faudra se souvenir de cette leçon de l'Histoire...Et ne pas connaitre les erreurs commises par l'Eglise, qui sont à l'origine de ses contre performances, mais qui sont "rattapables".

L'Eglise a 2000 ans. Qui dit mieux? Preuve que ses fondamentaux sont bons.

41 justine30.06.08 15:24

Lu dans l'express :

C'est une des réunions les plus secrètes du monde. Pour sa 56e édition, la conférence de Bilderberg, qui s'est déroulée du 5 au 8 juin dans un hôtel de luxe à Chantilly, dans l'Etat de Virginie (Etats-Unis), a accueilli environ 140 personnalités. Parmi la dizaine de Français invités figuraient notamment Henri de Castries (Axa), Christophe de Margerie (Total), Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Elysée, ou encore l'essayiste Nicolas Baverez. De quoi ont-ils parlé ? Motus ! « Oui, il était bien là-bas, mais on ne vous a rien dit », confie l'assistante d'un VIP français. Interrogé par L'Express, un autre invité répond par mail : « L'un des principes de ces réunions consiste en l'absence de toute communication externe. Cette règle m'est applicable à l'égal des autres participants et je ne peux ni ne veux y déroger. » Seul Jean-Pierre Jouyet a fait preuve de plus de transparence : sur son agenda professionnel figure, aux dates des 7 et 8 juin : « Déplacement aux Etats-Unis pour la conférence de Bilderberg »...

Monsieur Jouyet, en tant qu'agent de l'Etat, merci de bien vouloir me dire (dans un prochain post?) à quel titre vous avez participé à cette réunion (payée au frais de la "princesse"), qui est précisément ce groupe si "secret", au point qu'on peut se demander s'il ne s'agirait pas d'une secte.

M'étant un peu renseigné sur ce groupe, je suis assez perplexe, quant à votre présence en ces lieux.

En effet, la Conférence de Bilderberg se présente comme étant un club très select de l’aristocratie européenne co-fondé en 1954 par le Prince Bernhard des Pays-Bas et David Rockefeller, patron de la Chase Manhattan Bank. Financée par la CIA dans le cadre de la guerre froide, le club prône un atlantisme à toute épreuve via l’OTAN.

Le co-fondateur, le prince Bernhard, ne fait pas l’unanimité à cause de ses sympathies pronazies. Il est également, avec le très raciste Prince Philip d’Angleterre, un co-fondateur du WWF (devenu Fonds mondial pour la nature), une des armes de guerre de l’oligarchie financière contre les Etats-nations modernes.

Bien que les réunions soient secrètes et leurs compte-rendu jamais publiés, une liste des participants à la Conférence de Bilderberg en 2003 révèle qu’il s’agissait d’une rencontre entre les élites néo-libérales européennes (José Manuel Barroso, Jean-Claude Trichet de la BCE, Mervin King de la Banque d’Angleterre, Valéry Giscard d’Estaing, Etienne Davignon, Pascal Lamy, Fritz Bolkestein, etc.) avec les élites néo-conservatrices aux commandes pendant la guerre d’Irak (Paul Wolfowitz, Richard Perle, Richard Haas, John Bolton, etc.) sans oublier les journalistes initiés aux secrets du monde (Alexandre Adler (le Figaro, Conrad Black (le Monde), etc.).

Que va faire un Secrétaire d'Etat de la REPUBLIQUE a une telle réunion?

42 TyrandO30.06.08 22:44

@ x.delcourt

La France éternelle ou la France moisie ?
Celle qui se vautre désormais dans le social-nationalisme, celle qui cultive tout un populisme latent qui n’en finit pas de fantasmer sur les "élites" , celle qui " vient de loin, elle n’a rien compris ni rien appris, son obstination résiste à toutes les leçons de l’Histoire, elle est assise une fois pour toutes dans ses préjugés viscéraux. Elle a son corps, ses mots de passe, ses habitudes, ses réflexes. Elle parle bas dans les salons, les ministères, les commissariats, les usines, à la campagne comme dans les bureaux. Elle a son catalogue de clichés qui finissent par sortir en plein jour, sa voix caractéristique. Des petites phrases arrivent, bien rancies, bien médiocres, des formules de rentier peureux se tenant au chaud d’un ressentiment borné. Il y a une bêtise française sans équivalent, laquelle, on le sait, fascinait Flaubert. L’intelligence, en France, est d’autant plus forte qu’elle est exceptionnelle."

Ph. Sollers avait bien raison !

43 BA01.07.08 08:47

Une des règles de base du droit international : un traité entre en vigueur quand tous les pays concernés l’ont ratifié.

Le 12 juin 2008, l’Irlande vote NON au traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne est mort.

Le 1er juillet 2008, la Pologne annonce qu’elle ne ratifiera pas le traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne est mort et enterré.

44 Jeanne01.07.08 11:15

Monsieur Sarkozy voulait que "l'Europe écoute les peuples".

C'est fait. Le Président polonais refuse de ratifier le traité de Lisbonne.

Selon la Convention de Vienne de 1969, et le traité de Rome et Maastricht (qui respectent les règles de droit international) un traité n'est valide que s'il répond aux règles posées par le traité.

C'est à dire la règle de la double unanimité.

L'un des contractants s'était déjà opposé, rendant le traité juridiquement caduc...Ce qui donc exige une révision de la Constitution pour annuler la décision du 4 février 2008.

Désormais, c'est le tour du Président polonais.

En tant que conseiller d'Etat, et de serviteur de la France, donc en principe respectueux de sa Constitution, qui dit clairement que la France considère comme valides uniquement les traités respectueux du droit, merci de bien vouloir, très officiellement, prendre acte de la mort du traité dit de Lisbonne.

Que le veuille ou non Monsieur Sarkozy, c'est avec Nice qu'il va devoir travailler.

Entendrez vous la voie de la raison Monsieur Jouyet?

45 Pamel01.07.08 13:45

La maison européenne a besoin de nouveaux maçons et architectes et de matériaux durables. Les nonistes sont priés fort aimablement de rechercher d'autres financements que ceux communautaires pour construire leurs contre-projets. On n'a jamais vu, y compris dans des pays dits démocratiques, que des fonds soient octroyés à des fins qui n'ont rien à voir en définitive avec des objectifs économiques, sociaux et environnementaux, en particulier, dans le cadre d'appels d'offres à caractère public. C'est pourtant le cas par le biais notamment des fonds structurels et d'autres financements. Que la démocratie du Non ou de la sape crée ses propres fondations à l'américaine avec ses sponsors : tout deviendrait plus clair pour tout le monde. Et, au fond, un tel processus serait parfaitement légitime.
La nouvelle Europe à mettre sur les rails est curieusement dans les mains de ses nouveaux citoyens, de celles et ceux qui ont opté volontairement pour l'une des nationalités des 27(voir Libération du 30 juin 08). Faisons donc de la citoyenneté européenne non pas un acquis mais un choix à l'âge de la citoyenneté. Le propos est dur ... à méditer calmement ... résolument provocatoire. Et faisons alors voter régulièrement les peuples ainsi que les exécutifs locaux/régionaux et nationaux. Le climat des affaires et des échanges pourrait en être affecté ... et peser de tout son poids dans des consultations ultérieures.

46 john01.07.08 14:42

Louis XVI plus démocrate que l'Europe !!!!!!!!!!!!!!!!!!

Le 8 août 1788, le marasme financier et la dégradation de la situation dans tout le pays amènent Louis XVI à convoquer les états généraux du royaume pour le 1er mai 1789. Le 27 décembre 1788, le Conseil d'État décide que le bailliage sera l'unité électorale de base, qu'il y aura au moins 1 000 députés en fonction de la population et du montant des contributions de chaque baillage, et surtout qu'il y aura doublement de la représentation du tiers état.

Lettre de convocation des états généraux à Versailles

« De par le Roi,
Notre aimé et féal.

Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons relativement à l'état de Nos finances, et pour établir, suivant nos vœux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui intéressent le bonheur de nos sujets et la prospérité de Notre royaume. Ces grands motifs Nous ont déterminé à convoquer l'Assemblée des États de toutes les provinces de notre obéissance, tant pour Nous conseiller et Nous assister dans toutes les choses qui seront mises sous nos yeux, que pour Nous faire connaître les souhaits et doléances de nos peuples, de manière que par une mutuelle confiance et par un amour réciproque entre le souverain et ses sujets, il soit apporté le plus promptement possible un remède efficace aux maux de l'État, que les abus de tous genre soient réformés et prévenus par de bons et solides moyens qui assurent la félicité publique et qui nous rendent à Nous particulièrement, le calme et la tranquillité dont Nous sommes privés depuis si longtemps.

Donné à Versailles, le 24 janvier 1789. »

Bref ! Louis XVI a confiance en son Peuple !

2008 : l'Europe craint le Peuple !

47 Thomas01.07.08 15:52

Monsieur Jouyet, travaillez vous vraiment pour la France? Il semble que non. En témoigne votre participation à la réunion régulière du groupe Bilderberg...Aux frais du contribuable !

Selon les informations sérieuses recueillies sur ce groupe, le groupe Bilderberg a un dessein fort en phase, semble t il avec les ambitions des citoyens !

LA DOMINATION DU MONDE ! ET BIEN ENTENDU...EN DEHORS DES SOUVERAINETES POPULAIRES !

On peut d'ailleurs constater l'influence considérable de ce groupe. Tous les membres cités ci dessous en font partie :

A la Commission :

- Jose Manuel Barroso (actuel président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du portugais)
- Frits Bolkestein (le commissaire européen auteur de la "directive Bolkestein")
- Romano Prodi (ancien président de la Commission Européenne, premier ministre italien)
- Jacques Santer (ancien président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du Luxembourg)
- Sir Leon Brittan (vice-président de la Commission, ardent promoteur des traites AMI et NTM, ancien négociateur européen pour le GATT)
- Pascal Lamy (fervent partisan de l'AMI, et responsable de la modification de l'article 133 du Traité d'Amsterdam afin que les états donnent définitivement les pleins pouvoirs à la Commission pour la négociation et la signature des traités économiques de type AMI)
- Edith Cresson (ancien membre de la Commission, ancien premier ministre français, ancien ministre du commerce, ancien membre de la direction de Schneider)
- Emma Bonino
- Mario Monti (ex Banca Commerciale Italiana)
- Hans Van Den Broeck
- Karel van Miert
- Erkki Liikanen
- Ritt Bjerregaard

HEUREUSEMENT, ON OSE NOUS DIRE QUE LES COMMISSAIRES EUROPEENS NE SONT PAS ELUS PAR CE QU'ILS DOIVENT ETRE INDEPENDANTS ! Sans doute s'agit il d'une plaisanterie?

AUTRES ORGANES

la BCE, la Banque Centrale Européenne, on retrouve encore d'autres participants au Groupe de Bilderberg:

- Jean-Claude Trichet (président de la BCE)
- Wim Duisenberg (ancien président du directoire la BCE, ancien président de la De Nederlandsche Bank)
- Otmar Issing (membre du directoire)
- Tommaso Padoa-Schioppa (membre du comité exécutif)

Le traité de l'AMI est un accord économique mondial négocié dans le plus grand secret depuis 1995 sous l'égide l'OCDE, et dont les conséquences constituent une menace sans précédent pour la démocratie.
Des traités du même type, NAFTA et FTAA, ont déjà été acceptés par les pays du continent américain.

L'AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services, ou en anglais GATS - General Agreement on Trade and Services) est un accord multilatéral élaboré par l'OMC depuis 1995 sous l'impulsion des Etats-Unis, et qui concerne les "services" au sens très large du terme.

Les négociations ont commencé en Janvier 2000 et doivent durer jusqu'en Janvier 2005, date-butoir fixée pour l'adoption de l'accord. Les négociations sont conduites par Robert Zoellick (en photo) pour les États-Unis et par Pascal Lamy pour l'Union Européenne.

En fait de "services", l'AGCS prévoit la privatisation totale de L'ENSEMBLE DES SERVICES PUBLICS: la distribution d'électricité, la poste, les transports publics, mais aussi la santé et l'éducation dont l'accès sera ainsi réservé aux plus favorisés. A terme, cela signifie une baisse de l'espérance de vie, un retour massif de l'illetrisme, des populations de moins en moins intelligentes et de plus en plus manipulables...

Avant même la signature de l'AGCS, les gouvernements européens ont déjà commencé à mettre en oeuvre la privatisation des services publics. Les projets de privatisation déjà annoncées de certains services publics (EDF, Air France, La Poste...) sont en fait dictées par l'AGCS, que les gouvernements de droite et de gauche ont élaboré en secret, dans le dos des citoyens

Qui sont les inspirateurs du groupe Bilderberg auquel vous appartenez Monsieur Jouyet?

Le Prince Philip d'Angleterre et le prince Bernhard de Hollande, tous deux anciens sympathisants du nazisme des années 30. Un article trouvé dans la Gazette du SNCC attire l'attention sur cette situation.

Sympathique ce groupe ! D'autant que..Ses participants sont payés par les contribuables pour financer les déplacements de ses participants !

Interrogée le 19 mai 2000 par Patricia Mc Kenna***, la Commission européenne a apporté malgré elle un début de réponse : «Pour ce qui est de la participation de membres de l’ancienne Commission aux réunions de Bilderberg, seules les dépenses de voyage et les indemnités journalières étaient à charge du budget de l’institution. » Lorsque les frais sont pris en charge par les contribuables de l’Union européenne, peut-on encore parler de ‘’club privé'’ ?

Il va falloir choisir Monsieur Jouyet : Bilderberg...Ou la France et l'idée européenne.

Parce que franchement, ni la directive AMI ni les autres citées ne risquent franchement de déclencher des tonnes d'enthousiasme chez les citoyens !

http://bilderberggroup.tripod.com/s...

Depuis quand le Chateau de Versailles, propriété du Peuple Français, doit il être mis à disposition d'un groupe qui ne respecte pas la France?

Est ce en cela que vous croyez Monsieur Jouyet?

"Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité."

Nicholas Murray Butler
Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)

"Le monde est gouverné par des personnages très différents de ce qui est imaginé par ceux qui ne sont pas derrière le rideau."

Benjamin Disraeli
Premier Ministre Britannique de 1874 à 1880

"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés."

David Rockefeller
Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR.
Propos tenus à la rénion du Groupe de Bilderberg à Baden Baden en 1991

"Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l'entité adéquate pour le faire."

David Rockefeller
Interview dans Newseek en février 1999

Ou bien ferez vous le pari de la France?

"Ce sont des conférences internationales dans lesquelles on parle des problèmes du monde". Patrick Devedjian [vidéo] [5]

Le Traité de Rome de 1957, qui donna naissance au Marché commun, a été pensé lors des réunions du groupe Bilderberg. » (George McGhee, ancien ambassadeur américain en RFA)[réf. nécessaire]

48 ULYSSE01.07.08 16:25

INCROYABLE MAIS VRAI...

Et c'est triste. L'Europe et les plus europhiles sont incapables de prendre la mesure de la crise. Plus ils sont arrogants ou méprisants pour l'avis des citoyens lambda, plus ils les renforcent dans leur scepticisme. Pourtant, les votes de défiance ont une signification claire. Les citoyens n'ont pas assez confiance dans l'institution européenne pour lui confier leur démocratie. Transférer des pouvoirs à Bruxelles, c'est éloigner le pouvoir de décision et écarter le contrôle démocratique.

Il est quand même assez révélateur que pallier à ce choc de confiance, les seules ficelles de nos dirigeants soient justement de ne pas tenir compte des votes.

Le TCE est mort. Lisbonne est mort.

Peut-être serait-il enfin temps d'envisager un plan B ?

Un texte plaçant le pouvoir démocratique au cœur du système, au plus proche possible des citoyens et rendant les politiques issues des traités modifiables.

A force de continuer à dénigrer la Démocratie, les Français vont finir par se choisir un roi, bien ficelé, qui embête personne, et qui fait, lui des référendums (puisqu'il n'y aura plus de crainte de perdre le pouvoir...Système de nouveau posé sur la descendance)

J'ai lu récemment que pour vous, M.JOUYET, le non irlandais l'avait emporté non pas parce que le peuple irlandais n'en voulait pas du traité de Lisbonne mais par la faute des conservateurs américains.

Franchement c'est n'importe quoi : les premiers à vouloir le traité de Lisbonne...C'est justement l'Oncle Sam ! Vous n'avez pas entendu Monsieur Bush à Paris?

Et si les peuples aspiraient à une autre Europe, qui les respecte enfin ? Parce que vous dites toujours que les NON n'ont rien à voir entre eux, sauf que si, justement, il y a un point commun, et un de taille : le désir, l'exigence, qu'on cesse de se moquer des peuples et de faire les choses dans leur dos. Pour cela, pas d'autre solution que de redonner de la liberté aux Etats, aux nations, pour qu'ensuite chacune, souverainement, démocratiquement, choisisse son destin. Ce qui bien sûr n'empêcherait nullement la coopération entre les nations, sûrement d'ailleurs de façon plus efficace qu'aujourd'hui, où à force de bureaucratiser, de centraliser à Bruxelles et de passer par des normes incompréhensibles on ne fait plus rien de grand, plus rien d'efficace.

Pour finir, bravo au président polonais qui est l'un des seuls dirigeants européens à respecter la démocratie, et le droit international. Rappelons-le, quand une partie ne ratifie pas un Traité, ce dernier est mort. C'est le droit. Merci au président polonais de le dire et d'en tirer les conséquences.

Et vous, Monsieur Jouyet, quand est ce que vous décider de RESPECTER LA FRANCE? En respectant SA CONSTITUTION, LE DROIT INTERNATIONAL, ET LE DROIT EUROPEEN, de cette EUROPE si chère, soit disant, à votre coeur?

A force de prendre les gens pour des "cons", on va avoir un nouveau 21 AVRIL 2002 : mais cette fois ci à l'échelle européenne ! BRAVO !

49 BA01.07.08 17:32

Pamel écrit : " Que la démocratie du Non ou de la sape crée ses propres fondations à l'américaine avec ses sponsors : tout deviendrait plus clair pour tout le monde. "

Ah bon ?

Vous voulez que je vous rappelle qui a financé les premiers mouvements pro-européens après la guerre ?

Vous voulez que je vous rappelle qui a donné des dizaines de milliers de dollars aux mouvements pro-européens après la guerre ?

Réponse : la CIA.

« A l’échelon politique, Washington appuie et finance les courants de pensée proeuropéens, alors représentés par les fédéralistes et par les partisans d’une union européenne. Il s’agit en fait de donner une substance politique à l’esprit de reconquête, de consolider le bloc occidental, qui, en cas de conflit, sera naturellement en première ligne. En prononçant, en septembre 1946, son célèbre discours de Zurich, Winston Churchill a jeté les jalons du futur Mouvement Européen. 1946 est une année de grande ébullition et de fébrilité dans les milieux européanistes.

Tout d’abord à Hertenstein, non loin de Zurich, se tient une importante rencontre internationale qui réunit les principaux mouvements fédéralistes européens.

Puis, dans la foulée, en décembre 1946, se constitue à Paris l’Union Européenne des Fédéralistes (UEF), que préside Henri Frenay.

Enfin, en novembre 1947, se crée un comité de coordination qui rassemble l’Union Européenne des Fédéralistes, l’United Europe Movement de Winston Churchill, le Mouvement pour les Etats-Unis d’Europe de Jean Monnet, et les Nouvelles Equipes Internationales.

Du 7 au 10 mai 1948, le Comité international de coordination des mouvements pour l’unité européenne organise à La Haye un congrès international, sous la présidence d’honneur de Winston Churchill, et en présence des souverains des Pays-Bas.

Trois ans seulement après l’armistice en Europe, ce congrès marque la naissance du Mouvement Européen, qui n’existera officiellement que le 5 janvier 1949, à la suite d’une réunion solennelle qui se tiendra à New York, sous les auspices de la fondation Woodrow Wilson, du nom de l’ancien président des Etats-Unis. »

(Frédéric Charpier, « La CIA en France, 60 ans d’ingérence dans les affaires françaises », Seuil, page 175)

« De toutes les contributions de la CIA à la cause européenne, la plus importante a sans doute été la campagne de soutien au Mouvement Européen, lancée en 1951 par Shepard Stone.

En 1951, Shepard Stone ne travaille pas encore pour la fondation Ford. Impressionné par l’énorme manifestation organisée cette année-là par la jeunesse de Berlin-Est contre les « bellicistes occidentaux », le haut-commissaire allié en Allemagne John McCloy, son patron d’alors, demande à Shepard Stone d’étudier un moyen de riposter. Shepard Stone se tourne alors vers le Mouvement Européen. Plutôt que répliquer par une opération ponctuelle, ses dirigeants lui suggèrent une campagne de longue haleine afin d’attirer la jeunesse vers les thèses d’une Europe unie. Cette proposition une fois acceptée, débute une campagne de la jeunesse européenne qui durera de 1951 à 1959.

Pour la seule année 1952, elle se traduit par 1899 sessions et conférences, la distribution de 1,8 million de brochures, et 900 projections cinématographiques. Tous ces frais sont couverts par la CIA.

En 1975, le magazine londonien « Time Out », premier à livrer des chiffres précis, révèlera le rôle de la CIA et l’importance des fonds qu’elle a consacrés au Mouvement Européen. A Paris, ils ont transité par le Centre d’Action Européenne. »

(Frédéric Charpier, « La CIA en France, 60 ans d’ingérence dans les affaires françaises », Seuil, page 178-179)

« Fin 1951, un organisme secret est créé à Washington, le « Psychological Strategy Board ». Sa mission est de coordonner les opérations de guerre psychologique contre le Kremlin partout dans le monde. Le premier plan vise à « réduire l’influence du Parti communiste en France ». Nom de code : « Cloven », puis « Midiron ». Le programme est très détaillé. Des extraits, en vrac : « Aider à détruire la respectabilité du Parti communiste : discréditer ses efforts dans la Résistance ; faire connaître des scandales impliquant des leaders communistes ; réduire l’implantation de la CGT chez Renault au niveau de celui chez Citroën. » Et aussi : « Assister et si nécessaire endoctriner les Français connus qui ont un temps été communistes et qui peuvent devenir des propagandistes anticommunistes. Produire des films anticommunistes par le biais de sociétés françaises de façade [c’est-à-dire contrôlées par la CIA] ».

Conséquences pratiques : des groupes anticommunistes, tel « Paix et liberté » de Jean-Paul David, reçoivent des subsides importants de l’Agence. Le « Congrès pour la liberté de la culture » et la revue Preuves également. L’« Institut d’histoire sociale », des journaux socialistes de Léon Blum et de Guy Mollet, des partis de la troisième force, ceux de Pleven et autres, aussi. Et puis la CIA aide le Mouvement européen de Jean Monnet. Et l’USIA [United States Information Agency] gère en sous-main une agence de presse qui fait publier incognito des articles dénonçant la dictature stalinienne. Elle est aussi derrière des maisons d’édition qui publient des livres anticommunistes ou pro-américains, et des maisons de production qui tournent des films favorables à Washington. Quand de Gaulle revient au pouvoir en 1958, l’Amérique contrôle des pans entiers de la vie politique, sociale et même culturelle de la France. »

(Vincent Jauvert, L’Amérique contre de Gaulle, Seuil, page 209)

50 hèlène01.07.08 22:52

Appel à Monsieur Jouyet

Monsieur, j'ai lu beaucoup de choses sur vous, comme quoi vous seriez "mesuré" en toute chose, un très bon "diplomate", et quelqu'un qui aimerait vraiment l'Europe, au sens noble du terme "idée européenne" et non "technocratie européenne".

SURTOUT, j'ai lu que vous étiez CALME, et APPRECIE par nos partenaires européens, qui craignent comme le Diable le Président de la République....Qui doit arrêter de dire qu'il est "Président de l'Europe"...Il est Président d'un des trois organes qui gèrent aujourd'hui la vie européenne. L'entendre dire partout "Je suis le Président de l'UE" n'est pas franchement la meilleure manière de montrer notre "modestie" auprès de nos partenaires.

Pour ce qui est du traité de Lisbonne, et de la question du "non" irlandais, je crois sincèrement qu'il est nécessaire d'arrêter les frais. Ce traité est bel et bien mort, et Monsieur Sarkozy, en tant que garant des traités, ne peut pas considérer le traité de Lisbonne comme valide, viable, sans violer les traités antérieurs, où l'on trouve inscrit en toute lettre la règle de l'unanimité.

Il semble que le Président vous écoute. Ce qui est une bonne chose, quant on sait sa volonté de beaucoup parler, sans écouter les autres. De décider sans débattre avant.

Ainsi, pourriez vous s'il vous plait, lui demander d'arrêter de dire "je ne veux pas croire que Monsieur UNTEL (désolé, mais le nom du Président polonais est trop dur à suivre) "n'honorera pas" sa signature.
Car ledit Président va déjà mal prendre qu'on lui dise ce qui est bon pour lui, et par ailleurs, en la circonstance, ce sont 25 autres Chefs d'Etat et de Gouvernement, qui "n'honorent pas" leur signature....A moins que le Président ait oublié qu'il était marqué REGLE DE L'UNANIMITE A RESPECTER ?

Comme le dit Monsieur Vedrine, grand Ministre, homme sérieux, et "socialiste" comme vous (enfin je crois que vous l'êtes encore) dans le journal "le FIgaro" avec raison :

"le droit international est très clair : il faut l'unanimité pour passer d'un traité à un autre. Une règle valable depuis le traité de Rome. Les événements auraient été différents si on avait décidé à l'unanimité de ratifier les traités internationaux à la majorité qualifiée. Ce qui voudrait dire que l'Europe est devenue une fédération, ce qu'elle n'est pas. Nous n'avons pas le droit de changer de règle juridique au milieu du processus. Surtout pas de la part de pays européens qui donnent des leçons de droits et de démocratie à tout le monde."

Notre pays n'a pas à être sali pareillement, parce que Monsieur Sarkozy fait un caprice parce que "son" traité (qui est surtout celui de Mme Merkel qui le mène par le bout du nez, comme tout le monde s'en aperçoit depuis le début) est mort. Quand on joue, il faut accepter les règles.

Le traité de Lisbonne - que j'ai lu (avec beaucoup d'effort puisqu'il n'était pas consolidé) - ne doit pas autoriser le viol de la Constitution, des traités, et encore moins la SOUVERAINETE des ratifications prises soient par le Parlement (QUI DONC S'EST ENGAGE A RESPECTER LA REGLE DE L'UNANIMITE) soit par le PEUPLE (traité de Maastricht) lequel est encore, quoi qu'en pense le Président, SOUVERAIN, c'est à dire PATRON DE LA FRANCE...Et dont les décisions, comme le soulignent le Conseil Constitutionnel, ne sauraient être remises en cause.

Voulant croire que les propos tenus sur vous, qui sont globalement élogieux, j'attends de vous que vous RESPECTIEZ notre France qui est une grande NATION quoi qu'en pense encore là Monsieur Sarkozy (qui "oublie" un peu facilement, que la "petite" France, l'était encore plus quand Louis XIV était le maitre de l'Europe, et ce n'est pas un terme symbolique mais véridique) et que vous rappeliez à Monsieur Sarkozy (qui l'oublie aussi) qu'il n'agit pas en tant que simple individu mais en tant que Président d'un pays qui n'aime pas qu'on le ridiculise en permanence, en faisant comme si le Droit, la Démocratie, ou encore le RESPECT du Parlement, n'existaient pas.

Les Irlandais se sont prononcés. Ils n'ont pas à "revoter". Si Monsieur Sarkozy à un problème avec çà, demandez lui, dès lors qu'il se trouve au plus bas dans les sondages, si les Français doivent "revoter" et choisir cette fois ci Mme Royal? Après tout, ils ne savaient pas que Monsieur Sarkozy aimait à ce point le "bling bling", qu'il avait l'intention d'occulter les décisions du Conseil Constitutionnel, de mettre des coups à la laicité, de proposer la repentance à nos enfants, de diviser en permanence les Français, etc.

Si Monsieur Sarkozy n'est pas content du vote des Irlandais, les Français ne sont pas forcément plus heureux des grandes prouesses du Président sur le pouvoir d'achat, en matière des droits de l'Homme (ignore t il où se trouve Ingrid?)

Faut il que les Français demandent des élections anticipées? Peut être le parti socialiste, comme vous le faites vis à vis des Irlandais, pourrait il dire que les Français ont "mal voté"?

Voulant croire que votre sérieux dépassera le manque évident du Président à être justement sérieux, ce qui passe nécessairement pas la réalisation qu'il est Président et non plus candidat, je mets mon espoir en vous.

Au lieu de vouloir à toute force "sauver" un traité déjà mort et enterré, le Quai d'Orsay ferait mieux d'expliquer à la Commission européenne que non les "européens" ne manifestent pas par plaisir, que non ils ne trouvent pas la "mondialisation" formidable comme les commissaires (qui sont forcément "heureux" puisque la concurrence libre et non faussée n'existe pas quand on est fonctionnaire!) et qu'il serait peut être temps, au lieu de stigmatiser un Chef d'Etat qui respecte la Convention de Vienne...Que la Commission le fasse aussi.

51 Jeremie02.07.08 02:55

Personnellement, je suis républicain et j'ai voté POUR le TCE qui a été REJETE par REFERENDUM par les peuples de France ET des Pays-Bas...

ET MOI J'ACCEPTE CETTE DECISION !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

A l'époque, TOUT LE MONDE était d'accord pour dire que, si un seul pays de l'UNION EUROPEENNE rejetait le traité, ce document ne pourrait être mis en oeuvre...

CONFORMEMENT A LA CONVENTION DE VIENNE ET AU TRAITE DE MAASTRICHT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Assez curieusement, pour le traité de Lisbonne, beaucoup font mine de croire que, malgré le NON irlandais, ce Traité pourrait être mis en application...
RIEN N'EST PLUS FAUX et c'est HYPOCRISIE que d'affirmer le contraire...

OU SE TROUVE MONSIEUR JOUYET? LE SERIEUX DIPLOMATE DE LA FRANCE ?

EST CE QU'UN DIPLOMATE SERIEUX AURAIT POUR AMBITION DE VIOLER LES TRAITES?

DE TERNIR LA FRANCE AU NIVEAU INTERNATIONAL?

IL ME SEMBLE QUE L'AMBITION DE CETTE PRESIDENCE ETAIT D'ETRE MODESTE....

Or, Monsieur Sarkozy, et son acolyte la chancelière allemande (DONT LE PAYS N'A PAS RATIFIE LE TRAITE), ainsi que l'autre acolyte anglais (DONT LE PAYS N'A PAS RATIFIE LE TRAITE contrairement à ce qui est dit dans les médias) semblent oublier cette évidence et dans leur façon de donner la leçon à d'autres pays européens font preuve d'un ridicule aussi pompeux que stupide !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Croient ils donc qu'on convainc par le mépris?

La présidence de L'UNION EUROPEENNE dont le but, UNIQUE, était de redorer un blason bien pâle désormais, est sans doute définitivement compromise..

MONSIEUR SARKOZY et un certain MONSIEUR JOUYET....NE RESPECTE PAS LE DROIT, ni la DEMOCRATIE :

DROIT : viol de la Constitution, des traités européens antérieurs, de la Convention de Vienne, de la Convention européenne des droits et libertés fondamentales, de la Charte de l'ONU, etc. Autant de textes signés, ratifiés, et promulgués, en France.

DEMOCRATIE : viol de la SOUVERAINETE NATIONALE PAR la non prise en compte que le PARLEMENT (REPRESENTANT LE PEUPLE) CONSTITUTANT DERIVE, A RATIFIE TOUS LES TRAITES, LESQUELS INSCRIVENT DE MANIERE SUFFISAMMENT VISIBLE LA REGLE DE LA DOUBLE UNANIMINITE. Viol de la SOUVERAINETE NATIONALE, le Président violant sa mission de garant des TRAITES, et notamment du traité de MAASTRICHT RATIFIE PAR REFERENDUM.

LA FRANCE EST LA RISEE DE L'EUROPE...BRAVO MONSIEUR JOUYET !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je pensais les pratiques de l'URSS : Staline? Staline? Ou Staline? Dépassées !

Il semble que le Président, et d'autres "aveuglés?" trouvent génial de faire de l'UE l'URSS bis !

Est ce que vous savez comment çà s'est terminé? ADIOS URSS ! Bienvenue suprématie des USA !!!!!

Mais peut être travaillez vous à la perte de l'UE...Pour vous reconvertir en "prof" dans les universités américaines?

A moins que vous ne travaillez pour Bilderberg...Ce qui dans le fond revient au même, puisqe dans un cas comme dans l'autre, vous oeuvrez contre la France.

Faire "aimer" l'Europe, ambition de la présidence française? En menaçant les contractants de sanctions?

Est ce que le Président Sarkozy sait qu'un Etat peut utiliser l'argument de la menace pour contester son vote éventuel? Là encore Convention de Vienne.

Vous pouvez m'expliquer pourquoi les rois de France, qui n'avaient à rendre qu'à Dieu, étaient plus respectueux du Droit et de leur Peuple, que vous même et le Président?

Peut être que je devrais écrire à Henri de France (héritier de la "Couronne" de France) finalement. Après tout, quand la République a sombré, parce que ses "défenseurs" l'ont tué, les Bourbons ont "restaurer" la Monarchie.

Avec un roi qui se prend pour un Président, on aura peut être plus de chance de s'en sortir qu'avec un Président qui croit qu'il est au temps de Napoléon Bonaparte (lequel avait plus de respect pour les Français que le Président et vous même)

Mr Sarlozy n'a pas voulu organiser de référendum afin d'écouter les français il a maintenant le revers mérité de la médaille.......

Une des règles de base du droit international : un traité entre en vigueur quand tous les pays concernés l?ont ratifié.

Le 12 juin 2008, l?Irlande vote NON au traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne est mort.

Le 1er juillet 2008, la Pologne annonce qu?elle ne ratifiera pas le traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne est mort et enterré. (Cf Monsieur Vedrine dans le Figaro)

52 Johanna02.07.08 03:12

Monsieur Jouyet, je veux bien croire que lorsqu'on est diplomate, on aime les expressions ambigues, mais il serait tout de même bien de ne pas dire dans une même phrase deux choses contradictoires :

--"Si c’est l’hypothèse du non qui l’emporte, il n’y aurait plus juridiquement de traité ».

--« Le plus important est que le processus de ratification continue dans les autres pays ».

Cela est contradictoire Monsieur Jean-Pierre Jouyet car vous semblez dire qu’il n’y a plus de traité, mais que les ratifications vont tout de même se poursuivre. Comment peut-on ratifier un traité mort, un document qui ne sert plus à rien ?

C'est comme si vous disiez : "à 21h30 hier soir, la France a perdu contre l'Italie, avec un score de 2 contre 1.

Mais, si je pars du principe que ce match n'a jamais existé...La France a de grandes chances de se retrouver en finales...Dans mes rêves !!!!!

Ou encore

Je veux épouser la fille du Président. A première vue, çà n'a pas l'air aisé. Je lui ai fait ma demande, et elle l'a rejeté.

Mais...Il y a de l'espoir?

53 BA02.07.08 08:58

Le président tchèque soutient la décision polonaise.

Le président tchèque Vaclav Klaus considère la décision de Lech Kaczynski comme " très raisonnable et très proche de la sienne ". Le président polonais avait déclaré qu'il ne ratifierait pas le traité de Lisbonne après son rejet par les électeurs irlandais.

Le président tchèque Vaclav Klaus soutient la décision de son homologue polonais Lech Kaczynski de ne pas ratifier le traité européen de Lisbonne, a annoncé mardi 1er juillet le porte-parole de M. Klaus.

"Il considère l'opinion (Lech Kaczynski) sur le traité de Lisbonne comme très raisonnable et très proche de la sienne", a déclaré à l'AFP le porte-parole de Vaclav Klaus, Radim Ochvat.
Selon le porte-parole, Vaclav Klaus a lu "très attentivement" l'interview de Lech Kaczynski publiée mardi par le quotidien polonais Dziennik.

Dans cette interview, le président polonais déclare qu'il ne ratifiera pas le traité de Lisbonne car il est désormais "sans objet" après son rejet par les électeurs irlandais.

Le président tchèque Vaclav Klaus, un conservateur très critique envers l'Union européenne, avait déclaré après la victoire du "non" lors du référendum irlandais qu'il considérait le traité comme "fini" et qu'il n'était "plus possible de poursuivre sa ratification". Mais il n'était pas allé jusqu'à dire qu'il ne le signerait pas.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

54 TyrandO02.07.08 10:32

Hé bien, soit !

Restons à Nice avec une UE qui n'a même pas de personnalité juridique.

Restons à Nice avec une struture par pilliers, au lieu d'un cadre juridique unique, avec des compétences de l'"Union" représentée par la présidence du Conseil dans certains domaines et des compétences de la "Communauté" représentée par la Commisssion dans d'autres.

Et le premier "nonistes" qui reprochera ce manque de lisibilité s'en prendra une !

Restons à Nice avec un processus décisionnel où le domaine de la majorité qualifié reste limité, où le Président du Conseil européen tourne tous les 6 mois, où la Commission compte 27 commissaires au lieu de 18.

Et le premier "noniste" qui reprochera ce manque d'efficacité s'en prendra une !

Restons à Nice avec un Parlement européen qui n'a pas son mot à dire dans les domaines tels que la PESC, la JAI ou le budget de la PAC. Restons à Nice avec un président de la Commission européenne nommé directement par le Conseil européen.

Et le premier "noniste" qui reprochera ce manque de démocratie s'en prendra une !

Restons à Nice où la répartition des compétences entre l'Union et les différents Etats membres n'est pas régie par le principe d'attribution qui précise que l'UE agit dans la stricte limite des compétences qui lui ont été expressément attribuées et où les parlements nationaux ne sont pas les gardiens des compétences partagées et qu'ils ne peuvent pas demander à la Commission de retirer une proposition qu'ils estimeraient contraire au principe de subsidiarité.

Et le premier "noniste" qui reprochera à l'UE de se mêler de tout s'en prendra une !

Restons à Nice où l'action extérieure de l'UE, tant en matière politique qu'économique, fait intervenir 2 commissaires : le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune et le Commissaire en charge des Relations extérieures.

Et le premier "noniste" qui reprochera ce manque de visibilité et de cohérence pour peser davantage sur les relations internationales s'en prendra une !

Restons à Nice avec une Charte des droits fondamentaux qui n'a pas de valeur juridique contraignante pour les institutions de l'Union et les Etats membres.

Et le premier "noniste" qui reprochera à l'UE de ne pas être assez sociale s'en prendra une !

Restons à Nice avec l'absence de droit de retrait de l'UE par l'un des Etats membres.

Et le premier "noniste" qui reprochera de l'UE l'impossibilité de la quitter. s'en prendra une !

Rester à Nice ? Moi aussi je sais dire NON !

55 x.delcourt02.07.08 10:40

Eh bien on dirait que ça y est : le retour de l'Europe en France a commencé...
Bon courage!

56 BA02.07.08 17:15

Bon, récapitulons :
1- L'Irlande vote NON au traité de Lisbonne. Le traité de Lisbonne est mort.
2- La Pologne annonce qu'elle ne ratifiera pas le traité de Lisbonne puisqu'il est mort.
3- La République tchèque vient d'annoncer qu'elle non plus ne ratifiera pas le traité de Lisbonne.
4- L'Autriche vient d'annoncer qu'en cas de modification au traité de Lisbonne, elle organisera un référendum de ratification sur cet improbable nouveau traité de Lisbonne : je rappelle que l'Autriche est le pays le plus eurosceptique après le Royaume-Uni (voir le dernier eurobaromètre).
5- La situation économique en Europe annonce des lendemains qui déchantent pour les 27 peuples européens.
6- Hypothèse : l'Union Européenne va exploser dans les années qui viennent.

57 Jean-Pierre Jouyet15.07.08 17:08

Mon post a, je vois, suscité des commentaires longs et passionnés. Je vais tenter de répondre globalement aux questions posées.

Sur les priorités françaises et le traité de Lisbonne:
La présidence française se déroule du 1er juillet au 31 décembre 2008, et le traité de Lisbonne ne pouvait entrer en vigueur au plus tôt qu'au 1er janvier 2009. Nous avions donc bien conçu nos priorités en fonction du cadre institutionnel aujourd'hui en vigueur, c'est-à-dire le traité de Nice.

Sur l'Irlande:
J'ai écouté très attentivement Brian Cowen le 19 juin à Bruxelles. Il nous a dit trois choses importantes: Tout d’abord, il a clairement affirmé que l’Irlande n’a pas souhaité donner un coup d’arrêt à la construction européenne. Je ne le crois pas non plus. Il ne faut pas se méprendre sur la portée de ce vote, qui ne signifie pas que l’Irlande souhaite sortir du jeu européen. Le Premier ministre irlandais a également appelé à une réflexion sereine, dans son pays, et avec ses vingt-six partenaires. Enfin, Brian Cowen s’est engagé à consacrer toute son énergie à rechercher des réponses satisfaisantes aux préoccupations qui ont été révélées par le vote. Il a précisé que l’Union avait déjà connu de telles situations et qu’à chaque fois, une solution avait été trouvée pour aller de l’avant. Mon collègue Dick Roche m'a rappelé par ailleurs que plus de 75% des Irlandais qui ont voté "non" croient dans le projet européen et souhaitent que l'Irlande reste dans l'Union européenne. Je crois donc que la décision des dirigeants européens au Conseil européen n'était ni anti-démocratique, ni irresponsable. La démocratie, c'est permettre à tous les Etats de se prononcer. Notre responsabilité commune, c'est de respecter le souhait de l'Irlande de rester dans l'Union européenne, et d'écouter les propositions qu'elle nous fera pour répondre aux préoccupations qui ont été exprimées le 13 juin, et non pas de laisser l'Union se diviser. Cette décision collective a été prise à l'unanimité, ce qui inclut le Premier ministre irlandais, le Président polonais, et le Premier ministre tchèque.

Sur le traité de Lisbonne
Je reste persuadé que le traité de Lisbonne est le traité européen le plus social et le plus démocratique qui ait été conçu. Il fixe pour objectif à l'Union la lutte contre l'exclusion sociale et les discriminations et la protection des citoyens, il garantit aux Etats membres la possibilité de gérer leurs services publics conformément aux souhaits de leurs citoyens, à un prix abordable sur la totalité de leur territoire, et dans le respect des principes d'égalité et de continuité chers au service public "à la française", il crée de nouveaux droits sociaux, il associe les Parlements nationaux à la prise de décision européenne, il permet l'élection du Président de la Commission par le Parlement européen, il crée une initiative citoyenne, il donne davantage de pouvoirs à nos députés européens.

Sur l'obligation de référendum en Irlande:
Je ne suis pas un fin connaisseur du droit constitutionnel irlandais, mais la Cour suprême irlandaise a jugé en 1987 (arrêt Crotty) qu'il était nécessaire de réviser la Constitution lorsqu'un traité européen modifie la portée ou les objectifs d'un précédent traité. Or, une révision de la Constitution irlandaise nécessite la consultation préalable des Irlandais par la voie du référendum (article 46, 2).

58 jaco20.07.08 20:43

Bonjour,

"l'Europe ne se fera pas sans les peuples!" dites vous.
Comme vous avez raison mais c'est d'un constat dont il s'agit là. D'où mon étonnement de vous voir surpris de la désaffection réelle ou supposée des jeunes européens.
Mais remplacer dans votre phrase le mot "peuples" par le mot "citoyens" (cf Masstricht) vous aiderait-il sans doute à mon humble avis à mieux cerner le problème posé.

N'avez-vous pas l'impression en outre que faire ratifier par les Parlements donc les Etats un traité concocté dans la douleur des compromis par ces mêmes Etats soit un non-sens ! Autrement dit être juge et partie à la fois n'est-il pas le symptome d'une irresponsabilité impropre à faire progresser la démocratie Européenne ?
Devant l'incapacité par deux fois de nos Etats à aboutir, ne serait-il pas temps de se "décharger" de cette trop lourde tâche sur une Instance réellement représentative non pas "des peuples" comme vous dites, mais des CITOYENS européens ?

@X. Delcourt: Votre proposition est un leurre, mon cher Monsieur. Les citoyens européens d'Irlande ne voteront jamais le retriait de leur pays d'une'UE à laquelle ils se déclarent en immense majorité très favorables. Vous n'avez visibilement ni compris "le message" (qui est une volonté de statu-quo) ni pris la pêine de réfléchir à la question.

59 swbr3519.08.08 18:22

Pardonnez-moi, Hélène, mais vous ne faites pas mieux – me semble-t-il – que Nicolas Sarkozy: comme lui vous péchez par exagération.
Il faut écrire que «Nicolas Sarkozy est président d'un des trois organes qui gèrent la vie de L'UNION EUROPÉENNE» et non «... la vie EUROPEENNE».

Pas plus que Paris n'est la France, l'Union européenne n'est l'Europe.

60 raph18.09.08 21:31

si amicalement pouvons-vous me parler de l'afrique de l'ouest selons votre vision de l'europe




Votre commentaire