Ma visite à Chypre
16.04.08 20:00| 6 commentaires | Fil des réactions à ce billet
J’ai constaté d’abord la grande force de nos relations avec la République de Chypre. Les chypriotes n’ont pas oublié notre soutien constant aux moments décisifs de leur histoire récente, notamment lors de l’invasion turque de 1974. Nous n’oublions pas non plus les efforts extraordinaires des autorités lors de la crise libanaise de 2006 pour faciliter l’évacuation des ressortissants français et européens. La France jouit donc d’un grand capital de confiance et nous pouvons compter sur l’aide de Chypre pour construire l’Union pour la Méditerranée.
Bien entendu, la « question chypriote » a été au cœur de mes entretiens avec le nouveau Président de la République élu le 24 février dernier, M. Christofias, et le Ministre des affaires étrangères, l’ancien commissaire européen Kyprianou, très au fait des questions européennes.
J’ai été très impressionné par la sérénité et la grande sagesse du Président Christofias qui entreprend avec courage de relancer les pourparlers avec le chef de la communauté chypriote turc qu’il connaît depuis sa jeunesse. Je lui ai transmis l’entier soutien de la France dans la recherche d’une solution juste et durable basée pour la réunification de l’île dans le cadre d’un état fédéral, bizonal et bicommunautaire. Nous serons disponible, durant la présidence française de l’Union européenne, pour accompagner la reprise des discussions entre les parties.
Pour bien signifier que c’est l’ensemble du territoire de l’île qui est entré en 2004 dans l’Union européenne, j’ai tenu à traverser la « ligne verte » pour rendre visite à une association culturelle franco-turque et à la délégation de la Commission en charge de la gestion des programmes européens d’aide à la communauté chypriote turque. J’ai pu constater la difficulté concrète que rencontre la Commission sur le terrain, mais aussi son action utile pour la réconciliation entre les communautés et l’identification de tous les disparus.
Cette ligne de séparation, qui vient d’être réouverte au niveau de quelques points de passage, est impressionnante et triste, en plein cœur d’une capitale européenne. Il faut espérer que la raison l’emportera enfin grâce à la bonne volonté de part et d’autre et l’orientation positive des pays traditionnellement influents sur l’île, et en premier lieu la Turquie.
Comme dans d’autre partie du monde, le constat sur le terrain amène pourtant à un optimiste prudent tellement grands sont encore les obstacles à la réconciliation quand il s’agit de réparer les drames du passé. Le travail de mémoire, la récupération des propriétés, la présence militaire turque sont autant de sujets très sensibles qui devront trouver des solutions définitives. C’est l’honneur et le devoir de la France et de l’Union européenne d’accompagner le fragile espoir qui est en train de renaître sur l’île.
Catégorie : L'EUROPE QUE JE PARCOURS | Mots clés : Chypre Turquie

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Bonjour,
A partir de votre note je me permets de tirer quelques remarques indirectes d'idées qui me semblent confortées par ce que vous avez constaté:
- la valeur qu'amène pour la France une politique étrangère constante, claire et libre. Cela pourrait positivement influencer notre psdt dans son comportement.
- la valeur amenée par une Marine française puissante en cas de crise et le "bénéfice" indirect que cela nous amène quand cette capacité profite aux ressortissants des pays amis. Cela pourrait inspirer les arbitrages à rendre dans le cadre des futurs budgets de rigueurs qui toucheront la Défense. Je pense notamment aux craintes concernant le nb de FREMM.
- et l'ambiguité de la place de la Turquie dans l'Europe. Outre les éléments géopolitiques que l'on peut avoir en tête, son "histoire difficile" (euphémisons...) avec certaines pays membres est clairement un problème.
Bien à vous,
Billy Tallec
Et pendant ce temps là, la Turquie continue d'occuper militairement une partie d'un état de l'Union !
Et pendant ce temps là, la Turquie continue de refuser d'appliquer le protocole d'Ankara qu'elle a pourtant signé et qui étend notamment à la République de Chypre l’accord d’union douanière qui lie la Turquie à l’Union.
En refusant l’ouverture des ports et aéroports turcs aux navires et avions chypriotes, la Turquie montre le peu de cas qu'elle fait d'un accord juridique... La "rule of law" est pourtant la clé de voute de l'intégration eurpopénne !
Bonjour,
Il est vrai que la position de la France dans cette partie de la méditerranée est importante. Toutefois sa lisibilité n'est pas toujours très claire.
Sommes nous réellement à même d'influer sur l'unité chypriote, compte tenu de la "position" définie par le Président Sarkozy sur l'intégration de la Turquie? Une solution ne serait elle pas l'intégration de la Turquie avec "de facto" la disssolution de la ligne verte dans l'espace communautaire?
La politique électoraliste nationale arrivera-t-elle a s'élever à une vision de politique communautaire?
La présidence française nous donnera peut-être l'occasion de voir si notre Président est un homme d'Etat ou s'il a la stature d'un personnage historique.
TyrandO a raison, la Turquie occupe une partie du territoire de l'Union c'est inacceptable. Cependant, ça peut se comprendre. Mr Jouyet parle de travail de mémoire: depuis 1963 la communauté turque est décimée, et en 1974 ce n'est pas la Turquie qui a commencé la destabilisation mais les grecs. Puis en 2004 encore la communauté grecque rejette le plan de l'ONU, forte de la reconaissance internationale et accès à l'UE de son gouvernement. Il n'est donc pas possible que la Turquie se retire tout simplément de l'île, d'autant plus que son intervention en 1974 se faisait dans le cadra d'une interpretation (je n'ose pas la qualifier juridiquement) du traité tripartite de 1960 (Royaume-Uni, Grèce, Turquie). Travail de mémoire, mais celui-là peut-il permettre la reconcialiation? Ne faut-il pas d'abord oublier et laisser ce travail à la prochaine génération?
Pas d accord avec Mr Jouyet le socialo copain de Segolene,Les Turcs doivent quitter CHYPRE , au besoin par la force; Erdogan est un affreux islamiste integriste; l islamveut dominer l Europe: ils le disent clairement; NON a la modification de l article 88-5 voulue par Jouyet! c est de la folie; il faut virer Jouyet du gouvernement; on n a pas voté Sarko pour ça; NON a la Turquie!! ça ne passera pas au congres de juin!
Michel GUEGUEN
UMP
Un affreux islamiste intégriste? Vraiment? Pourtant en Turquie le jour férié reste le dimanche, les horaires de travail ne sont pas modifiés pendant le Ramadan, la polygamie est interdite... Et il fait plus de 5 ans qu'il est au pouvoir, s'il est si méchant qu'est-ce qu'il a fait pendant ce temps là?