C'est toujours instructif de voir comment l'Union européenne est perçue par nos partenaires. En Lettonie, par exemple, d'où je reviens, et où le régime soviétique a pesé de toute son empreinte, l'Union européenne est un havre de liberté, une garantie de la libre expression, un instrument d'exercice des contre-pouvoirs contre les pesanteurs de la classe politique ou de l'action locale. C'est la vertu réformatrice et libérale, dans le bon sens du terme, de l'Union européenne qui marque les esprits.
L'Union européenne comme facteur de changement, comme garante des libertés, comme contre-pouvoir, c'est une image rafraîchissante de notre Europe.
De Riga, Lettonie
09.04.08 17:08| 2 commentaires | Fil des réactions à ce billet
Catégorie : L'EUROPE QUE JE PARCOURS | Mots clés : Lettonie

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Avez-vous pris contact avec des médias lettons pour entrer au service communication de la future Présidence?
En effet, il serait dommage qu'une telle vision ne soit pas partagée par tous les européens lors du semestre à venir!
Je suis passée à Riga en 1978, en pleine ère brejnévienne.. c'était au cours d'un voyage que j'avais "gagné" pour avoir remporté le concours des Olympiades de russe à 14 ans(langue, littérature et histoire de la Russie, concours destiné normalement aux terminales et aux prépas), voyage que mes parents dans un premier temps avaient refusé que j'effectue. J'avais su les convaincre en leur démontrant que leur démarche était anti-pédagogique : l'on m'envoyait passer un concours, et l'on voulait ensuite me priver de mon prix ! En fait, ils devaient avoir peur de ne plus jamais me revoir, les enlèvements de Russes blancs n'étaient pas une fiction à l'époque. Au cours de ce fameux voyage que j'ai fait avec un groupe assez international de jeunes adultes, nous avions d'abord vu Moscou, Léningrad et Minsk. En arrivant à Riga, l'impression de totale abondance m'avait stupéfaite : contrairement aux autres villes où les magasins étaient vides, à Riga l'on pouvait sans faire la queue (!) acheter des biscuits, des fruits, du savon et même une brosse à dents ! C'était l'abondance à la fin d'un voyage de trois semaines dans une Russie assez sinistre. Et puis l'on avait assisté à un merveilleux concert d'oeuvres de Bach à la cathédrale, où se trouve l'un des plus beaux orgues d'Europe...Les gens paraissaient plus souriants, plus "libres", ils n'évitaient pas autant de nous adresser la parole."L'empreinte soviétique", de ce côté-là - et qui n'est pas le moindre au quotidien - m'avait semblée bien plus légère qu'au début de ce voyage de propagande... Mais bon, cela n'est qu'un minuscule aspect des choses, vu par des yeux d'une adolescente. Plus tard, en 1996, je me suis rendue en Estonie, à Tallin. Le rideau de fer était tombé, et là, une formidable énergie économique pro-européenne se manifestait à bien des niveaux : contrairement au reste de l'ex-empire soviétique, l'Estonie défendait sa monnaie (fini le trafic des dollars 'au noir'pour payer à tout bout de champ comme en Russie post-soviétique où le rouble était complètement déliquescent et ne servait plus à rien...), le pays tenait à montrer qu'il était debout sur ses deux jambes, et assez rapidement après la levée du joug. Avait-ce été, là aussi la même répression totalitaire qu'en URSS? j'en doute un peu. Mais de toute façon, c'était toujours bien de trop, je le conçois.
J'en profite pour me dire qu'ici, en Occident, nous sommes bien trop gâtés : privés de rien, toujours mécontents de tout, nous ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons d'être libres... c'est très triste.