Le débat est lancé sur la procédure de ratification du traité de Lisbonne. Pour certains, seul le référendum serait légitime. Curieuse conception de la démocratie.

Il paraît tout d’abord étonnant de contester au Président de la République le choix de recourir à la voie parlementaire alors que durant toute la campagne électorale, il s’est montré sans ambiguïté. Les élections législatives qui ont suivi lui ont donné une majorité à l’Assemblée nationale allant dans le même sens. Comment pourrait-on opposer les citoyens à ceux qu’ils ont eux-mêmes élus, en toute connaissance de cause, il y a à peine 8 mois ?

Si le Traité constitutionnel comportait, comme son nom l’indiquait, de véritables dispositions constitutionnelles pouvant justifier un référendum, le traité de Lisbonne, dans la lignée de ceux d’Amsterdam et de Nice, amende les traités existants. Il n’y a pas de transferts de souveraineté qui justifieraient le recours au référendum. C’est ce qu’estiment le Conseil d’Etat néerlandais, le Parlement danois ou le Premier ministre britannique.

Devrions-nous rejouer le mauvais film de 2005 quand, pour de nombreux motifs n’ayant rien à voir avec le texte constitutionnel, le non français a mis fin à l’espoir d’un traité améliorant le fonctionnement de l’Union ? 18 Etats membres avaient déjà ratifié le traité en mai 2005 et ont accepté un texte moins ambitieux en 2007. Comprendraient-ils que ce texte puisse de nouveau être soumis aux aléas de la procédure référendaire ? C’est cette même logique qui m’a poussé à proposer le rétablissement du choix entre voie parlementaire et référendum pour les adhésions à venir.

La ratification parlementaire est aussi en parfaite cohérence avec le traité lui-même qui donnera un rôle plus important aux parlements nationaux dans le processus de décision. Tant mieux si les parlementaires y sont associés dès maintenant.

Les vertus du référendum comme seul gage de démocratie véritable sont surprenantes venant d’une partie de la gauche. En Allemagne, pour les tristes raisons historiques que l’on connaît, le référendum est inconstitutionnel… Allez dire aux Allemands qu’ils ne sont pas démocrates…