Vues d'Europe | Le blog de Jean-Pierre Jouyet

Au revoir!

13.12.08 11:40| 12 commentaires| Fil des réactions à ce billet

J'ai vécu dix-huit mois qui m'auront marqué à jamais. J'ai été comme en apesanteur. Porté par la volonté de faire de notre présidence une réussite. Il y avait, sans doute, un peu d'ambition personnelle, beaucoup le souci de la place de la France en Europe, mais surtout l'envie forte de prouver que l'Europe pouvait être synonyme non d'immobilisme, mais de dynamisme.

Le Conseil européen des 11 et 12 décembre que je viens de vivre a été pour moi un cadeau. L'Union européenne a montré aux Européens d'abord, au monde ensuite, qu'elle pouvait, à l'unanimité de ses vingt-sept Etats membres, s'entendre sur les sujets les plus ardus et les plus ambitieux qui soient.

Il y avait véritablement hier et avant-hier à Bruxelles des hommes et des femmes de bonne volonté, qui ont su dépasser les égoïsmes nationaux parce que le sens de l'intérêt général, le sens de leurs responsabilités envers les prochaines générations, les a aiguillonnés. C'était plus que satisfaisant. C'était historique.

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Pas de restos du cœur pour les Européens !

02.12.08 11:23| 11 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Lors du Conseil Agriculture du vendredi 28 novembre, plusieurs États membres se sont opposés au programme européen d’aide alimentaire.

Il s’agit pourtant d’un programme exemplaire de la Commission européenne mis en place en 1988 par Jacques DELORS et qui manifeste très concrètement la solidarité européenne avec les plus démunis en mettant à disposition des Etats membres qui le souhaitent un complément d’aide alimentaire fondé sur les excédents de la Politique agricole commune. Les excédents ayant fortement diminué, il était demandé aux Etats membres d’accepter de prélever un montant de 500 millions d’euros sur le budget de la PAC

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Le Royaume-Uni et l’euro : je t’aime moi non plus

25.11.08 17:38| 3 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Le Premier Ministre Brown vient d’annoncer son plan de relance de l’économie britannique et sa mesure phare : la baisse d’un point et demi de la TVA de 17,5% à 15%. Il s’agit bien entendu d’une décision indispensable pour relancer une économie britannique très sérieusement affectée par la récession, la chute des marchés et des prix de l’immobilier. Le PIB britannique devrait se contracter d’au moins 1,5% l’an prochain selon les prévisions. Le chômage est en train de remonter en flèche. Il fallait donc que le gouvernement réagisse très vigoureusement.

Je suis toutefois frappé par le caractère très spécifique des mesures de relance adoptées au Royaume-Uni.

La décision de baisser la TVA contraste notamment fortement avec le reste des Etats européens dont les taux de TVA sont généralement déjà plus élevés qu’au Royaume-Uni et qui sont souvent opposés au principe de baisses de la TVA. Pour des pays disposant encore d’une base industrielle solide, comme la France ou l’Allemagne, la relance de la consommation intérieure par des baisses d’impôts présente l’inconvénient de subventionner les importations des pays tiers. Nous préférons donc des mesures plus ciblées et un soutien à l’investissement. Pour le Royaume-Uni, cette question ne se pose pas dans les mêmes termes, car le pays a assez largement abandonné son ambition industrielle. A situations différentes, remèdes différents. Cela ne veut bien évidemment pas dire qu’une coordination des plans de relance nationaux et qu’une démarche européenne sur certains sujets d’intérêt commun (environnement, compétitivité, infrastructures) n’est pas souhaitable. Mais elle doit être accompagnée par des mesures nationales adaptées aux réalités propres aux Etats membres.

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Vers une nouvelle approche franco-allemande

24.11.08 15:33| Un commentaire| Fil des réactions à ce billet

Du Conseil franco-allemand du 24 novembre et pour faire écho à l’éditorial de Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, publié hier sur son blog, je retiens trois éléments.

Premièrement, dans un contexte difficile il y a une même détermination à trouver, ensemble, des solutions concrètes, tout en s’accordant sur les grands objectifs. C’est le cas du paquet énergie-climat.

Deuxièmement, les modes de décision n’étant pas les mêmes - plus fédéral de l’autre cöté du Rhin, plus centralisé de ce côté – il ne peut y avoir de coordination que dans la diversité. Ainsi, en réponse à la crise économique, la France et l’Allemagne s’accordent à soutenir l’investissement et la consommation, même si les moyens mis en œuvre ne sont pas les mêmes. La Commission élaborera son plan de soutien en tenant compte de cette diversité. Cela ne me paraît pas du tout un recul, bien au contraire. Mieux vaut favoriser la réactivité dans la diversité que de s’en tenir au statu quo dans l’uniformité.

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Merci !

21.11.08 10:25| 6 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Vous êtes plusieurs à avoir réagi sur ce blog à ma nomination par le Président de la République à la tête de l'Autorité des marchés financiers (AMF), à compter du 15 décembre prochain. Merci pour vos messages de sympathie. Comme vous le savez, l'AMF est garante du bon fonctionnement des marchés. Ce sera une manière pour moi de prolonger mon engagement au service de la construction économique et financière européenne et d'une régulation internationale efficace. D’ici là, le programme est chargé.

 

Les prochaines semaines, jusqu'au Conseil européen des 11 et 12 décembre, seront particulièrement denses : recherches de solution européennes à la  crise financière et économique, déplacement à Dublin pour préparer desréponses qui pourront être apportées aux préoccupations irlandaises, poursuite des négociations sur le paquet énergie/ climat, Conseil Affaires générales et relations extérieures consacré notamment à la situation en République démocratique du Congo et à la piraterie...

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La réforme budgétaire mérite un vrai débat

13.11.08 17:51| 10 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Je me suis rendu à Bruxelles le 12 novembre pour clôturer la conférence « Réformer le budget, changer l’Europe », à l’invitation de la Commissaire lituanienne chargée du budget, Dalia Grybauskaité, et aux cotés du Président de la Commission des Budgets du Parlement européen, l’allemand Raimer Boëge.

J’ai souhaité y délivrer un message fort, pour l’essentiel à titre personnel puisque le débat de fond sur la refonte du budget communautaire n’a pas commencé au sein du Conseil que préside actuellement la France. J’ai profité de cette liberté de parole pour poser franchement les questions que les Européens ne pourront plus esquiver encore longtemps sur l’avenir de ce budget.

Premier constat : le budget communautaire n’est pas comparable à un budget national. Il est relativement limité (120 milliards d’euros). Il est encore largement un héritage du passé, ce qui explique le poids considérable de la PAC et de la politique de cohésion qui représentent encore 80% des crédits. Il hésite entre redistribution et financement de « biens publics européens ». Il est, enfin, largement déterminé par les considérations en terme de « retour net » pour les Etats contributeurs.

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Investir pour une nouvelle génération européenne

12.11.08 16:49| 6 commentaires| Fil des réactions à ce billet

A Nancy, lors de la conférence sur la mobilité des étudiants européens, une question est revenue à plusieurs reprises : « L'Union européenne peut-elle en période de crise économique et financière maintenir voire renforcer ses dépenses en matières d'éducation, de mobilité ou de recherche ? ». Ma réponse est oui. Ce n'est pas parce qu'une période de vaches maigres se profile qu'il faut différer des dépenses qui constituent un investissement clé pour adapter et préparer les jeunes générations à un monde du travail qui valorise l'innovation et l'adaptabilité. A cet égard la mobilité des jeunes, qu'elle s'adresse aux apprentis, aux étudiants ou aux volontaires, constitue un bien commun. Et chaque année perdue se paiera au final.

A titre d'exemple, sur les 27000 bourses Erasmus qui sont proposées chaque année en France, seules 23000 trouvent preneurs. Si nous avions travaillé davantage en réseau en veillant à un travail coopératif associant administrations centrales, institutions communautaires, associations étudiantes, responsables des programmes de mobilité dans les universités, formateurs socio-éducatifs, médias, nous nous serions rendus compte que le désir de mobilité n'allait pas de soi et qu'il fallait du coup mettre en place de vraies politiques de promotion au plus près du terrain.

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Commémorations

10.11.08 17:42| 13 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Pour couper court à toute polémique, je préfère sans attendre la parution du rapport Kaspi préciser ce que j'ai proposé, s'agissant du 9 mai, à la Commission qu'il présidait. 
 
Il ne fait pas de doute dans mon esprit que l'on ne peut pas construire l'avenir sans tenir compte du passé. La commémoration de toutes les douleurs de notre mémoire collective est indissoluble de notre identité et de notre cohésion.
 
Le 11 novembre en est le symbole le plus émouvant, le plus vivant et le plus actuel. La première guerre mondiale a été le creuset de notre siècle.  

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A quand l'Union économique?

05.11.08 09:55| 12 commentaires| Fil des réactions à ce billet

L’annonce par la Commission de l’entrée en récession de l’Union européenne vient matérialiser les craintes répétées d’une année 2009 extrêmement difficile sur le plan économique. L’économie européenne n’a pas été en mesure de résister beaucoup mieux que l’économie américaine (-0,5% en 2009 selon la Commission) au retournement du cycle économique et à la crise financière. Il s’agit d’un changement de contexte considérable après deux très bonnes années pour l’économie européenne et les perspectives de reprise d’ici 2010 restent très incertaines. 

Dans ce contexte, la Commission, fortement incitée par le Président de la République, président du Conseil européen, a tenté de définir une stratégie commune en réponse à la crise économique comparable à la mobilisation contre la crise financière. Ces propositions de la Commission,  sur les PME, la flexicurité ou les investissements verts apparaissent très timides et ne portent pas sur les outils les plus efficaces à mobiliser en période de récession : les taux, les investissements publics, la politique salariale et le dialogue social. Le risque est grand que l’UE ne sache pas revoir son discours et sa stratégie économique dans un contexte de croissance faible (chômage keynésien) qui appelle de nouvelles initiatives permettant de compléter les réformes structurelles de type Agenda de Lisbonne. 

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De l'eurogroupe, suite...

30.10.08 18:03| 5 commentaires| Fil des réactions à ce billet

L'important en Europe, aujourd'hui, c'est d'avancer et d'innover. Nous avons  des solidarités  particulières dans la zone euro mais si pour avancer dans le soutien à l'économie, il nous faut élargir les partenariats, nous le ferons. Ceci signifie en clair que ceux qui estiment qu'on serait trop présomptueux en voulant un euro politique impulsant de nouvelles coordinations économiques ne  doivent pas s'étonner qu'on développe un partenariat étroit et fructueux avec nos amis britanniques.

Ils souhaitent plus de coordination dans le soutien à l'activité économique, aux niveaux européen et international. Travaillons avec eux. Sachons profiter d'un Royaume Uni plus tourné vers l'Europe. Ceci n'est nullement contradictoire avec le renforcement de la zone euro. Nous devons ne nous enfermer dans aucune liturgie  ni nous attacher à une seule chapelle.

L'art de la présidence, c'est aussi l'art du mouvement. L'important est de rester coordonnés pour répondre à une situation de crise profonde et très générale.

De l'eurogroupe

29.10.08 13:42| 4 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Je lis dans le Monde daté du 28 octobre sous la signature de deux personnes que je ne connais pas une mise en cause caricaturale de l’action conduite par le Président de la République en Europe et de mes propres déclarations. En toute amitié, je regrette que Pierre Moscovici s’associe à cet amalgame.

Cet article rapporte mes prises de position sur la proposition du Président de la République de renforcer la gouvernance de la zone euro comme un « putsch ». J’aurais ainsi « balayé d’un revers de la main la légitimité de deux nations » européennes, à savoir la République tchèque et la Suède, appelées à prendre la présidence tournante du Conseil dans les prochains mois.

Ce que j’ai dit, et que je répète, c’est que la crise économique et financière a marqué un tournant dans la manière de faire de la politique en Europe et que la réunion de l'Eurogroupe au niveau des Chefs d'Etat et de gouvernement peut être nécessaire dans les circonstances actuelles.

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On progresse

20.10.08 10:49| 4 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Les crises, la crise géorgienne, la crise financière, la crise institutionnelle, la crise alimentaire, occupent tout l'espace. C'est normal. Tout a été dit ou presque sur la gestion de ces crises.

N'allez pas croire que pendant ce temps là, le temps s'est arrêté. D'autres sujets nous mobilisent, à commencer par les quatre priorités que nous nous étions fixées.

Et il y a aussi tous les dossiers qui avancent et qui contribuent à façonner une Europe plus concrète. J'en ai recensé plusieurs, symboliques d'une Europe plus proche de nos préoccupations. C'est un peu un inventaire à la Prévert, mais cette liste est bien plus éloquente qu'un grand discours. Qu'on en juge:

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Bilan, à chaud, du Conseil européen des 15 et 16 octobre

16.10.08 18:17| 3 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Ce Conseil européen a marqué une rupture sur la forme et sur le fond.

Sur la forme, tout d’abord, parce que les débats sur des sujets de crise économique et financière ont été conduits de manière ordonnée, rapide et concentrée sur l’essentiel, sous l’impulsion du Président Sarkozy.

Le résultat est là. Pour la première fois, et alors que les sujets étaient très importants, à court et à long terme (énergie, climat, immigration, réflexion sur l’avenir de l’Europe), les conclusions sont ramassées sur moins de dix pages, centrées sur des décisions concrètes. Chacun a salué cette nouvelle manière de faire preuve d’un leadership renouvelé, revendiqué et accepté. Fini le temps où l’on passait en revue tous les sujets en insistant essentiellement sur l’analyse mais en renvoyant les décisions de Présidence en Présidence, du politique au technique, du conseil européen aux conseils sectoriels.

Une Europe à 27, confrontée à des enjeux sans précédents et qui, avant l’élection américaine, souhaite se projeter en acteur global, ne peut plus se permettre ce luxe désuet.

Je suis persuadé que, quel que soit notre avenir institutionnel, plus rien ne sera comme avant dans la manière de travailler, de s’organiser, de décider. L’Europe du statu quo est morte. La Crise – les crises – les enjeux d’un mode de développement nouveau, imposent à l’Europe d’inventer de nouvelles pratiques, de nouvelles procédures.

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500 jeunes à Nantes pour 12 projets

15.10.08 13:14| 10 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Que l’on ne me dise plus que les jeunes se désintéressent des questions européennes. Ce n’est pas vrai. A Nantes, vendredi et samedi dernier, ils étaient près de 500, de tout le continent, réunis pour réfléchir collectivement à 12 projets, 12 priorités, pour l’Europe de 2020. Ce n’étaient pas tous des « Eurobéats » et ils n’étaient pas tous d’accord. Tant mieux. Le vendredi, dans le cadre de 24 ateliers thématiques, ils ont beaucoup échangé, discuté, débattu autour de questions clés pour l’avenir de l’Union européenne. Le samedi, ils ont présenté devant Felipe González et Vaira Vīķe-Freiberga du Groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe, mais aussi Jean-Marc Ayrault, Yves Lecointe et moi-même, leurs 12 projets pour 2020 dans l’auditorium plein à craquer de la Cité des Congrès.

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L’Europe et la crise financière

15.10.08 11:15| 3 commentaires| Fil des réactions à ce billet

Le dimanche 12 octobre a peut être marqué un tournant de la construction européenne. A entendre les commentaires depuis la réunion des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Eurogroupe, je crois effectivement que le Président de la République a démontré par l’exemple la capacité des Européens à relever ensemble les défis même les plus audacieux.

Seul l’avenir nous dira quelle sera la portée effective des évènements de ces derniers jours. Néanmoins, je crois que nous pouvons d’ores et déjà faire quelques constats.

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